[Critique Vidéo] Everything Will Be Fine réalisé par Win Wenders

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Synopsis : “Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l’épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, et alors que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire. Mais au moment où il pensait avoir passé ce terrible événement, Tomas apprend à ses dépens que certaines personnes n’en ont pas fini avec lui…  “


Loupé lors de sa sortie cinéma le 22 avril 2015, Everything Will Be Fine fait partie des films que l’on ose pas voir à cause de retours presses et publiques peu encourageant. Qualifiant le film de “long”, “lent” ou encore “chiant” il n’y a rien de mieux pour décourager le spectateur hésitant. Dorénavant, le film est disponible en VoD, ainsi que dans deux éditions DVD et Blu-Ray, afin de vous permettre une séance de rattrapage. Néanmoins, pour le trouver il vous faudra bien chercher, car même les sites de vente en ligne n’ont pas de stock. Quelques mois après la sortie de son documentaire Le Sel de la Terre, Win Wenders revient à la fiction, genre qu’il affectionne, mais qui ne le lui rend pas, contrairement au documentaire. Avec Everything Will Be Fine, Win Wenders fait son Terrence Malick et offre au spectateur, une histoire d’humanité.

“Une simple histoire d’humanité”, où en deux heures réussir le pari fou de faire subir aux spectateurs tous les tourments d’un homme en quête de rédemption, et ce, avec une temporalité qui s’étale sur huit années. À l’image de son documentaire dédié à la danseuse Pina Bausch ou plus récemment au film documentaire Le Sel de la Terre, Win Wenders met en scène un film où l’humain est à la recherche de quelque chose. Les documentaires du cinéaste sont toujours centralisés sur un être humain tourmenté ou constamment à la recherche de quelque chose. Un être humain pouvant être perçu comme une représentation de ce à quoi l’homme devrait ressembler dans les bonnes comme les mauvaises choses. Avec Everything Will Be Fine, Win Wenders cherche à rassurer. À rassurer son personnage, ainsi que les spectateurs pouvant se retrouver un jour ou l’autre face à de tels dilemmes. Un propos intéressant dans le fond et qui ici se trouve être sublimé par une mise en scène épurée, à la limite de l’instant photographique. Les corps se meuvent lentement et les gestes se font rares.  Le tout en corrélation avec une réalisation aux mouvements lents et longs, mais qui sait se renouveler entre les plans fixes, panoramiques et travelling. Comme des instants de grâce, chaque plan possède l’élégance et la beauté de ce qui serait un plan emblème, dans un film à la réalisation plus convenue et habitée par l’envie de faire du mouvement. Sublimée par une photographie qui joue parfaitement avec les lumières naturelles comme artificielles, ainsi que l’environnement et notamment les nombreuses possibilités de réflexions offertes par les décors, Everything Will Be Fine est une œuvre visuelle envoûtante.

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Un film photographique, une œuvre cinématographique à la limite du book photo. Une imagerie magnifique, des tableaux qui s’enchaînent grâce à un récit et un montage fluide en cohérence avec cette envie de liberté que souhaite faire transparaître, mais un film complètement vide. Non dénué de sens, car ce que Win Wenders souhaite faire comprendre aux spectateurs est juste et beau, mais au bout de quinze minutes, le film tourne à vide. Le réalisateur applique sur ses deux heures de film la même recette. Une recette qu’applique également Terrence Malick depuis quelques années, mais la qualité narrative et la pléthore de thématiques développées et explicitées en moins. Un homme en quête de rédemption qui va devoir sans cesse se remettre en question à cause d’évènements qui vont venir lui rappeler un acte passé. Du premier au dernier plan, le protagoniste va regarder derrière lui et ne pourra avancer malgré des personnages secondaires censés le pousser à aller de l’avant. Insipide, l’histoire contée par le film ne nous touche pas, à cause d’une monotonie mise en place par la forme du film. Cette succession de belles images ne permet pas aux acteurs de faire transparaître une once d’émotions. Le montage et la mise en scène photographique ne font que décupler la platitude de ce film au point qu’il en devienne ennuyant avant la fin de sa première heure.


En Conclusion :

Everything Will Be Fine pourrait s’appliquer à ce que l’on pourrait dire à quelqu’un qui s’apprête à regarder le long-métrage. Une mise en scène épurée, des cadres soignés sublimés par une réalisation aérienne, en corrélation avec cette atmosphère comparable à une bouffée d’air frais, ce qui s’oppose à la psychologie du protagoniste toujours en proie au doute, mais tout ça ne fait pas un bon film. Comparable à un book photo, le long-métrage n’arrive à aucun moment à mettre en place un rythme qui transporterait le spectateur. Lent, long et ennuyant, le film a beau être visuellement magnifique, il en reste vide de toute histoire passionnante, qui ne passe pas outre le simple stade de la réflexion du personnage sur sa propre personne. Le spectateur ne reste que simple spectateur et s’ennuie fermement, malgré des qualités formelles indéniables.


 

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