[Critique Vidéo] Automata réalisé par Gabe Ibáñez

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Synopsis : “Jacq Vaucan, un agent d’assurance de ROC robotics corporation, fait des tests sur des robots. Ce qu’il découvre va avoir de profondes conséquences sur l’avenir de l’humanité.”


Un direct-to-video (dtv pour les intimes). Un film qui sort directement en vidéo, sans passer par la case cinéma après le banc de montage. Pratique barbare pour certains, qui fait perdre aux films leurs potentiel d’expansion qualitative sur grand écran, ou utile pour d’autres, qui y voient une manière de ne pas encombrer les salles et de profiter chez soit, au calme, d’un film tout récent. Que ce soit l’une ou l’autre, une chose est sûre, la pratique est peu répandue dans notre cher hexagone. Ainsi, un bon nombre de dtv sont oubliés (qui se rappelle encore du génial Byzantium de Neil Jordan?), encore plus vite que les films sortis en salles. Souvent relégués aux rayons dvd des tabacs ou du supermarché du coin, les dtvs sont souvent des films qui auraient mérités une meilleure exposition aux yeux du grand public. Et aujourd’hui, la tendance se confirme avec le certes très imparfait mais aussi intéressant Automata. Ou comment un film profondément améliorable avait plus ça place sur grand écran que nombre de films sortis cette année.

Automata n’est pas un immense film. Mais dire cela, finalement, ça revient à ne rien dire. Beaucoup de films ne sont pas immenses. Ils peuvent être satisfaisants, joyeux, simplement bons. Un film n’est pas toujours immense, ça ne le rend pas mauvais, et ça ne l’empêche pas d’être regardable, voir, dans le cas présent, très intéressant.
Automata, c’est l’histoire au combien classique (mais souvent passionnante), d’un employé de bureau, pris dans des rouages qui  le dépassent. Ajoutez une pincée de sf et de robotique et vous arrivez là où un tas de films noirs de sf ont déjà été. Et autant le dire  tout de suite, oui le film se voudrait être le Blade Runner de notre ère, sans pour autant y arriver complètement.


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On sent que le réalisateur, Gabe Ibáñez (qui a réalisé un seul autre film, un dtv intéressant sur la papier que je n’ai, comme tout le monde, pas vu) est shooté aux œuvres combinant sf et film noir,ou simplement univers sombre. Blade Runner, Dark City, Minority Report et A.I Intelligence Artificielle, ou même, dans un autre genre, Elysium (et donc Mad Max) ont été soigneusement visionnés avant de partir en tournage, pour que leur ADN se retrouve dans la forme du film. Fort heureusement, malgré quelques instants de mise en scène qui peuvent faire tiquer, le mix de tous ces éléments prend plutôt bien. Allié au rythme lent et sec du film, cela permet même de créer un univers qui s’avère très bien servir le scénario.

Mais c’est justement le scénario, dans sa retenue, qui va poser problème. La plupart du temps, il manque à Automata ce petit plus, cette petite étincelle qui transcenderait le spectateur, et lui décrocherait la mâchoire. Ce qui est dommage, c’est que cet état de grâce, le film l’atteint dans certaines courtes séquences, souvent au dénouement d’une tension soigneusement bâtie. C’est dans ces moments là que la caméra de Gabe Ibáñez et la musique de Zacarías M. De la Riva, qui va rechercher des sonorités assez inédite dans ces instants, nous emportent, et nous donnent l’impression d’assister à quelque chose d’excellent.

Mais encore une fois, on a souvent l’impression que le scénario n’ose pas aller assez loin, n’ose pas rentrer assez violemment dans le vif du sujet, et que l’on assiste à une version un peu trop proprette de ce que le film aurait pu être.  Les intentions du réalisateur sont claires, mais l’exécution n’est malheureusement pas toujours au rendez-vous.

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En Conclusion :

Néanmoins, malgré ses défauts, Automata reste une œuvre de sf intéressante, proposant une réflexion juste sur le futur de l’humanité et de l’intelligence artificielle (et souvent loin des clichés des films du genre), portée par une mise en scène sèche et efficace, qui aurait toutefois méritée d’aller un peu plus loin dans sa démarche pour vraiment marquer l’esprit du spectateur. On déplorera également un tout petit making-of, qui ressemble plus à une note d’intention mixée avec une bande-annonce qu’un vrai reportage sur les dessous de la  création du film. Dommage, tant il aurait été plus intéressant d’avoir un commentaire audio ou vrais making-of pour décortiquer ce film qui,loin d’être parfait, mérite bien plus d’attention que son mode de sortie ne lui en amènera.


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