[Critique Vidéo] The Green Inferno réalisé par Eli Roth

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Synopsis :
“Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile.”

Le monde du gore au cinéma est vaste, du petit film indépendant qui ne sortira jamais de l’ombre aux grosses productions qui se transforment en licences, sans oublier les ovnis qui font le buzz et explose sur internet. Eli Roth est l’un de ces réalisateurs associés au genre, qui a su se faire un nom et une fanbase assez conséquente. Après le carton Hostel, le réalisateur souhaite faire un film de cannibales et se lance dans The Green Inferno, qui après moult problèmes de production sortira chez nous le 16 octobre en e-cinema.

Eli Roth sort deux nouveaux films en 2015 après une pause dans la réalisation de presque 8ans. Après le home invasion Knock Knock plutôt soft, il revient au genre qui a fait sa gloire. The Green Inferno est en tout point similaire aux deux premiers Hostel, autant sur la structure scénaristique que sur les profils des personnages. Eli Roth se contente d’adapter le scripte d’Hostel dans la jungle amazonienne, tout en essayant de donner à son film un aspect politique qui sert plutôt de prétexte ici et n’est pas vraiment traité. L’histoire des jeunes bourgeois interpellés par le sort d’une partie du monde en difficulté qui décide d’œuvrer pour la bonne cause en allant combattre le capitaliste qui ravage la forêt amazonienne et les tribus qui y vivent. Ici le propos n’est que prétexte à envoyer ses personnages chairs à canon dans la jungle face au danger. Mais ce prétexte le réalisateur prend tout de même presque 40 minutes à l’introduire, posant les enjeux, les motivations et les personnalités des personnages tout en surface sans creuser. Si en terme d’écriture cette partie est assez réussit, on peut lui reprocher un montage trop expéditif qui enlève une crédibilité aux propos. On sent qu’Eli Roth souhaite entrer dans le vif du sujet. Ses acteurs sont absolument ridicules dans cette première partie et on aura droit à tous les clichés déjà vus dans les teen movies de fac aux USA.

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C’est une fois dans la jungle que le réalisateur commence à s’amuser, sans se prendre au sérieux il explique tout ce qui arrive à cette équipe d’étudiants par des pirouettes scénaristiques simples, mais qui passe tant l’atmosphère n’est plus similaire à un ersatz de drame. Menée par un leader charismatique et révolutionnaire, sorte de cliché post-Che Guevara, l’équipe d’américain s’engouffre dans une jungle magnifiquement mise en avant par des plans hauts en couleur. On découvre une jungle vaste, loin d’être accueillante. S’en suit la première scène d’action, scène très cheap et sans intensité. Il faudra attendre la première scène gore pour enfin entrer complètement dans le film.

À l’arrivée des personnages dans le camp en comprend tout de suite les influences d’Eli Roth pour ce film, évidemment Cannibal Holocaust, mais chaque scène semble faire un clin d’œil aux films de cannibales des années 70-80. Dans ces scènes de cannibalisme, The Green Inferno les dépasse, avec une entrée dans le vif du sujet spectaculaire qui vous retournera l’estomac, suivit de plusieurs tortures toutes plus inventives. Entre chaque scène gore et nerveuse, on a le droit à un peu d’humour , souvent humiliant pour les personnages, la tension redescend ce qui fait passer le dégoût de la scène passée et nous laisse apprécier plus facilement la suite. Eli Roth prend un malin plaisir à maltraiter ses acteurs, plutôt bons une fois dans la jungle, ils font le travail. Le gore est très bon, bien réalisé, mis en valeur, un gore qui tient au ventre toujours très réaliste à exception près d’une jambe par-ci par-là.


En Conclusion :

The Green Inferno reste un film moyen, amusant par ses scènes sanglantes qui raviront les amoureux d’hémoglobine, il cherche tout de même à être crédible et donné une dimension politico-engagé à la chose, ce qui ne marche vraiment pas ni dans la première partie ni dans les 10 dernières minutes. On retiendra un arrachage d’oeil en bonne et due forme qui excitera les Hannibal Lecter du dimanche.


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