[Critique] New York Melody réalisé par John Carney

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“Gretta et son petit ami viennent de débarquer à NYC. La ville est d’autant plus magique pour les deux anglais qu’on leur propose de venir y vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l’idylle voler en éclat quand, aveuglé par la gloire naissante, il va la plaquer pour une carrière solo et… une attachée de presse.
Ses valises prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, elle décide de passer une dernière nuit à New York avec son meilleur pote. Ce dernier l’emmène dans un pub, la pousse sur scène et la force à chanter. Dans la salle un producteur s’adonne à sa plus dangereuse passion : l’alcool. Revenu de tout, du succès et de sa gloire passée, amer, rancunier, il a perdu le fil de sa vie,… Et soudain il entend cette voix, découvre cette grâce, ce talent brut et authentique… Une rencontre enchantée qui pourrait finir en chansons… “

“Un feel good movie pétillant et à la bonne humeur communicative.”

La comédie romantique est un genre qui se démocratise de plus en plus et on en croise chaque mois de nouvelles dans les salles obscures. France, États-Unis, Royaume-Uni…chaque pays tente de percer dans ce genre avec de nouveaux films, mais ce qu’il faut avant tout chercher, c’est le film qui réussit à se démarquer de la concurrence grâce à cette petite chose qui fait qu’il ne ressemble pas aux autres. La comédie romantique est un genre en pleine extension, mais chaque film se ressemble malgré un casting différent ou un réalisateur différent. Si on excepte les comédies romantiques signées Richard Curtis, le superbe Frances Ha avec Greta Gerwig ainsi que le film 500 Days of Summer de Marc Webb, il y a peu de comédie romantique qui ont marqué la dernière décennie, mais ne pourrait-on pas revoir nos attentes à la baisse et chercher le film feel good movie, celui qui nous provoquera un bien-être immédiat en sortant de la salle et non pas le film instantanément culte.

Partant sur l’envie de mettre en image la vie d’un couple de musiciens, John Carney s’est dit qu’avec son nouveau projet, il pourrait faire non pas une comédie romantique, mais une comédie romantique musicale qui utiliserait des morceaux musicaux pour effectuer des transitions émotionnelles. Porté par la musique que ce soit sur le plan scénaristique, rythmique ou visuel, New York Melody est une comédie romantique musicale qui possède un véritable propos de fond, propos qui n’a jamais été autant d’actualité que ces dix dernières années. Le monde du disque est de plus en plus fragile à cause d’internet qui permet à tous de télécharger en quelques minutes un album complet, faisant perdre de l’argent aux producteurs, mais également à l’artiste. Lorsqu’on voit le prix d’un disque, on comprend pourquoi beaucoup cèdent aux avances de l’internet, mais ne pourrait-on pas se servir de ce moyen de communication et partage pour partager de la musique dans la légalité et sans avoir à payer de studio, distributeur… Abordant le sujet du monde de la musique dans son film, John Carney (réalisateur et scénariste) ne se contente pas de faire vivre devant les yeux du spectateur l’histoire d’amour existante entre deux musiciens, mais va plus loin en exploitant totalement le thème de la musique en argumentant à la fois sur le monde de la musique en générale, la popularité soudaine d’un interprète, les producteurs, les maisons de disques et n’hésite pas à s’en servir pour les opposés à la volonté des protagonistes pour rendre ces derniers toujours plus attachant et faire de ce film, un véritable feel good movie plein de bons sentiments.

Tout en critiquant les méthodes de certains producteurs et labels qui ne jurent que par l’argent et non plus par l’amour de la musique, John Carney réalise un film drôle, pétillant et touchant grâce à des personnages qui évitent soigneusement les caricatures auxquels ils étaient voués par avance. Naturels et aux réactions non exagérées, les personnages nous touchent avec leurs histoires respectives, marquées par des vies laborieuses et sans cesse ponctuées de remise en question. On aime la volonté de Dan, alcoolique qui cherche à se repentir. On aime la flegmatique et attachante Gretta qui a perdu foi en sa musique et ne sait plus de quoi le futur sera fait. Et on aime la naïveté de Dave qui se laisse envahir par la popularité et l’attirance de l’argent. Peu original sur le fond, c’est la forme qui fait de ce New York Melody une comédie romantique musicale attachante et pétillante.

L’utilisation de la musique que ce soit dans son histoire, dans la conception des personnages ou dans le scénario dans sa globalité, qui utilise astucieusement les paroles des chansons pour partager avec le spectateur les émotions que ressentent au plus profond d’eux-mêmes les personnages, donne à ce film cette petite particularité qui lui permet de s’extirper de la longue liste des comédies romantiques. Les accords, le rythme et les paroles sont des éléments qui, en parfaite corrélation permettent de partager avec plus de facilité des émotions et le film utilise cet art pour rendre le film indéniablement beau et tout simplement plaisant. Les musiques sont belles, les comédiens chantent avec justesse et le scénario utilise judicieusement le thème de la musique pour critiquer les producteurs et autres chanteurs aux égos surdimensionnés. Serte le fond est classique, la réalisation sans saveur et la mise en scène peu originale, mais le feeling est bon, on sort de la salle avec le sourire et de belles musiques pleines la tête. Que demander de plus.

3.5

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