[Critique] Le Transporteur Héritage réalisé par Camille Delamarre

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Synopsis : “Frank Martin, un ex-mercenaire des forces spéciales, est aujourd’hui spécialisé dans le transport de colis top secrets pour des clients pas toujours recommandables. Alors que son père lui rend visite dans le Sud de la France, Frank se retrouve entraîné dans un braquage par Anna, cliente mystérieuse et manipulatrice, et ses trois partenaires. Précipité au cœur d’une vendetta impitoyable menée par ces quatre femmes fatales, et tandis que l’ombre de la mafia russe plane sur la Riviera, Frank devra plus que jamais faire appel à ses talents de pilote et de séducteur.”


Le Transporteur Héritage. Dis comme ça et avec une grosse voix on pourrait croire à un bon gros titre de série B voire z suivant la chaîne de télévision allumée. Le Transporteur est une saga produite par EuropaCorp qui existe depuis maintenant 13 ans et qui a vu naître aux yeux du grand public international Jason Statham. Ce dernier s’est depuis senti poussé des ailes et a bien compris qu’il devait raccrocher le costume de Frank Martin dès que son contrat le lui permettait. EuropaCorp a “besoin” de produire des films de bas étage écrits pendant une courte pause café afin d’amasser de l’argent dans le but de produire des films indépendants plus intéressants. C’est tout à leur honneur, mais en attendant, les productions internationales de ce calibre s’enchaînent et s’enterrent une à une. Certains réalisateurs trouvent même la force de creuser encore plus profondément pour y inclure de nouveaux navets. Une détermination sans précédent. Le Transporteur Héritage est donc le quatrième opus de la saga, mais sans Jason Statham cette fois. Est-ce un bien pour un mal ou alors tout au contraire, Jason Statham portait la licence sur ses larges épaules ?

Après un troisième opus désastreux réalisé par un certain Olivier Megaton, Le Transporteur renaît de ses centres. Avec ce nouveau long-métrage, le terme renaître n’est pas véritablement approprié. En réalité, Le Transporteur Héritage n’est ni plus ni moins qu’un reboot de la saga et non pas une suite. Changement d’acteur, donc on change tout, même de réalisateur. Le Transporteur n’est pas une saga qui nous a par le passé, ébloui par ses scénarios audacieux et ses dialogues pointilleux. Très concrètement, on va voir Le Transporteur pour voir des courses poursuites et de l’action. Pour la faire courte, c’est le Fast & Furious du pauvre. Là où le troisième opus de la saga ne nous surprenait pas, celui-ci le fait. En effet, le trio de scénaristes que sont Luc Besson, Adam Cooper et Bill Collage (imaginer une réunion de pré-production de ce type de film est devenu ma passion !) on bien comprit que l’histoire importe peu le spectateur. Le public veut de l’action et avec Le Transporteur Héritage, il va en avoir. Et ce, dès le début.

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Ce quatrième épisode reprend à son identique le concept même de la saga. Épaulé par un ami proche, en l’occurrence son père, ainsi que des jeunes femmes en quête de vengeance, Frank Martin va devoir faire face à une horde de méchants Russes. Ça tient sur une ligne, on sait comment tout va s’amorcer puis se terminer, mais tout le monde s’en moque éperdument. C’est triste à dire, mais c’est vrai. Néanmoins, ce scénario aux personnages stéréotypés et aux personnalités insipides à souhait donne une place de choix à l’action. Les scènes d’actions s’enchaînent à toute vitesse, avec entre chacune une amorce plus ou moins longue, permettant de les contextualiser. Seconde réalisation de Camille Delamarre après Brick Mansion, ce dernier s’améliore et s’en donne à cœur joie. Malgré un usage abusif des ralentis afin d’exacerber certaines cascades improbables, le jeune réalisateur s’en sort avec les honneurs offrant une action lisible par le biais de bons choix de cadres. Suffisamment aéré dans les cadres et fluides dans les mouvements, les séquences d’action sont agréables et le montage ne vient pas entacher tout cela. À l’instar de la bande sonore désastreuse qui ne réussit même pas à être en cohérence avec l’action. La synchronisation n’a ni queue ni tête et les différentes compositions se contentent de reprendre le “thème” de la saga. Une bande sonore qui gâche l’action et ne joue pas le rôle qu’elle devrait avoir, à savoir celui d’embellir l’action et de faire ressortir l’humour de certains dialogues et certaines situations qui tiennent plus du second que du premier degré. Le second degré passe donc facilement inaperçu.

C’était également sans compter sur la plus grande erreur de ce nouveau Transporteur : son casting. Adieu Jason Statham ou encore François Berléand qui apportait une petite touche d’humour pas déplaisante aux films malgré un personnage peu attachant et mal exploité. Bonjour à Ed Skrain et Ray Stevenson, deux acteurs dont on recherche encore le charisme et la raison de leur accès au générique. Malgré une volonté indéniable de Ed Skrain de vouloir réussir à paraître classe et brutal dans les scènes de combat, ce qu’il réussit plus ou moins bien, il ne possède aucun charisme. Et il en va de même pour Ray Stevenson dont le personnage agace plus que ne fait rire. Les deux font la paire et réussisse l’exploit à faire descendre le film vers le bas. Jason Statham portait le film sur ses épaules et avait réussi à sortir le personnage de l’archétype de l’ancien militaire qui n’a rien à perdre en lui apportant un peu de seconds degrés et un aspect décontracté. Ed Skrain porte bien le costume, mais n’a pas les épaules pour porter un film. Même un film tel que celui-ci.

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En Conclusion :

Le Transporteur Héritage aurait pu être une purge sans nom, un film dans la droite lignée du troisième épisode. Finalement non, c’est simplement un film d’action médiocre, mais qui réussit à sortir la tête de l’eau lors de ses séquences d’action. Suffisamment bien réalisé, cadré et monté pour être agréable à regarder, le film pêche malgré tout par un manque de séquences d’actions improbables qui ne sont pas suffisamment nombreuses. Néanmoins, au-delà de son scénario insipide, incohérent et je dirais même complètement con, le véritable défaut du film réside dans son casting et le choix du nouveau rôle principal. Ed Skrain n’a pas le charisme adéquat pour remplacer Jason Statham à la tête d’une franchise. Il peine à voir, malgré des chorégraphies de combat bien exécutées.


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