[Critique] Le Dernier Loup réalisé par Jean-Jacques Annaud

Wolf-Totem

 

Synopsis : “Chen Zhen, un jeune étudiant originaire de Pékin, est envoyé en Mongolie-Intérieure afin d’éduquer une tribu de bergers nomades. Mais c’est véritablement Chen qui a beaucoup à apprendre – sur la vie dans cette contrée infinie, hostile et vertigineuse, sur la notion de communauté, de liberté et de responsabilité, et sur la créature la plus crainte et vénérée des steppes – le loup. Séduit par le lien complexe et quasi mystique entre ces créatures sacrées et les bergers, il capture un louveteau afin de l’apprivoiser. Mais la relation naissante entre l’homme et l’animal – ainsi que le mode de vie traditionnel de la tribu, et l’avenir de la terre elle-même – est menacée lorsqu’un représentant régional de l’autorité centrale décide par tous les moyens d’éliminer les loups de cette région.”


“Le Dernier Loup est une fresque tendresse et brutale.”

En France, on aime critiquer à tout va et les cinéphiles ou simples spectateurs aiment critiquer le cinéma français. Lorsque le cinéma français est pris pour cible par n’importe quel spectateur, c’est parce qu’il effectue une généralité. Il le sait, mais effectue tout de même sa critique. Lorsque l’on parle de cinéma français, on pense en tout et pour tout, aux films qui ont une forte visibilité, aux films populaires qui ont pour têtes d’affiche des acteurs qui font vendre comme les livres pour enfants Martine avec Martine va à la Pêche, Martine va à l’école… Ces acteurs-là peuvent vendre n’importe quel produit, il fonctionnera relativement bien même si subsisteront des exceptions à la règle. Néanmoins, le cinéma français ce n’est pas que ça, c’est également beaucoup de films indépendants, beaucoup de comédies, de drames, mais également e grands réalisateurs auxquels on ne pense pas toujours, mais qui sont toujours là pour nous offrir du bonheur et une large palette d’émotions avec leur filmographie respective. Jean-Jacques Annaud fait partie intégrante de cette catégorie de grands cinéastes, qui, malgré quelques désillusions, a offert au cinéma français de grands moments avec des films tels que : La Guerre du Feu, Le Nom de la Rose, l’Ours, Stalingrad, Deux Frères ou encore aujourd’hui Le Dernier Loup. Adaptation du roman à succès chinois Wolf Totem, Le Dernier Loup est le dernier bébé du cinéaste qui revient aux sources de son cinéma, un cinéma qui parle de l’homme et de sa relation avec l’animal. Mais la force du long-métrage Le Dernier Loup, c’est qu’il n’est pas que ça et va encore plus loin.

Chine, 1967, un jeune étudiant part de sa ville natale, pour la Mongolie-Intérieure dans le but d’éduquer une tribu de bergers nomades. Le choc des cultures est présent, puisqu’en pleine révolution industrielle, les nomades de la Mongolie-Intérieure vivent eux au plus près de la nature, en cohésion avec cette dernière. Quelle va être la véritable notion a retenir de l’épopée que va vivre Chen au cœur de cette tribu de nomade, ne va-t-il pas découvrir qu’au plus près de la nature, l’homme trouve la paix et la force de vivre en communauté ? Protecteur et fervent défenseur de la nature, il est difficile de ne pas voir en ce film, une critique de l’homme et de notre société de consommation qui nous pousse à vivre constamment aux crochets de la société, dans le but d’en avoir toujours plus pour devenir le plus méritant. Délicat dans sa façon d’appréhender cette thématique, le cinéaste français préfère se pencher sur la vie en communauté, la vie que vivent ces nomades de Mongolie-Intérieure, éleveurs de moutons. Sur plusieurs dizaines de minutes, le long-métrage se penche sur leur façon de vivre, de vivre ensemble et de concevoir la vie telle qu’ils souhaitent la vivre. C’est simplement après ces quelques scènes d’expositions qui auront permis aux spectateurs de prendre part à cette vie au cœur de la Mongolie-Intérieure et de ce groupe de nomade, que va intervenir l’élément essentiel au film, qui est l’animal.

Dans le cinéma de Jean-Jacques Annaud, l’animal à une place prédominante, car il a une véritable symbolique et fais tout bonnement l’effet d’un miroir vis-à-vis de l’homme. Au travers de son nouveau film, Le Dernier Loup, le réalisateur démontre avec force et tendresse à quel point l’homme peut être cruel envers les siens, de la même manière qu’un animal peut-être rejeté de sa meute s’il en est extrait durant quelques jours. Filmés sous différents angles afin de pouvoir apparaître comme froids et méchants ou tout au contraire, doux et attendrissants, les loups provoquent de vives émotions chez le spectateur. Ils sont beaux, mais la mise en scène réussie avant tout l’exploit de donner à ces êtres qui ne sont pas dotés de la parole, un véritable charisme, permettant une confrontation entre l’homme et l’animal des plus angoissante et terrifiante dans le but d’offrir des scènes de batailles épiques et barbares, puisqu’opposants deux êtres similaires dans leur façon de penser et réagir. Fresque édifiante sur le fond, Le Dernier Loup est également un film au spectacle visuel de tous les instants, où chaque plan est magnifié par un sens du cadre et des immensités de paysages à couper le souffle. Magnifié par une somptueuse photographie, rendant chaque scène unique par le biais d’une colorimétrie particulière qui cherche à renforcer une émotion primaire que peut-être la peur ou au contraire, la joie ou la tendresse, les paysages, comme les animaux, sont d’une beauté rarement vue au cinéma.

Pouvant s’apprêter à différentes lectures, le film repose sur une narration convenue et aux rebondissements prévisibles. Le spectateur s’attends à ce qu’arrivent les évènements, mais est-ce pour autant un mal que d’avoir perçu à l’avance la finalité des choses ? Dans ce cas précis, la réponse est non, car cette œuvre cinématographique trouve avant tout sa force dans ce qui fait le cœur du récit, à savoir la dualité présente entre l’homme et l’animal. Sur toute sa durée, le long-métrage expose la façon, dont l’homme peut-être irresponsable dans certains agissements, alors qu’il est convaincu de faire le bien, chacun agissant suivant ses croyances. Même dans les scènes les plus innommables et au travers desquelles, l’être humain n’est pas plus qu’un ramassis d’ordure, Jean-Jacques Annaud réussi de par sa mise en scène à conserver une humilité et une tendresse envers cet être. Au-delà de la fable écologique pouvant être perçue dans le film, Le Dernier Loup propose également une vision humaniste de l’homme. Encore une fois, là où l’homme est mauvais, c’est qu’il fait tout par conviction, par croyance, ce qui est également exactement le cas chez l’animal qui agit sans chercher à comprendre pourquoi. La réciprocité des actes provoqués un coup sur deux par l’homme ou l’animal est merveilleusement mis en scène, et écrit, de façon à ce que ce niveau de lecture soit accessible au plus grand nombre, adultes comme plus jeunes, même si attention, le film n’est pas à montrer aux plus jeunes. Puisque oui, l’animal tout comme l’homme, sont deux êtres primaires qui ont avant tout en eux une bestialité et dans cette belle analyse de ces êtres, Jean-Jacques Annaud dévoile la violence dont l’un comme l’autre sont capables, au cœur de batailles féroces et bestiales. C’est violent, mais ce n’est pas gratuit, bien au contraire.

En Conclusion :

Nouvelle œuvre a ajoutée à la belle filmographie du cinéaste français, Le Dernier Loup est une fresque tendresse et brutale qui oppose deux êtresArdoise que sont l’homme et l’animal. Deux êtres qui se correspondent en tout et point et dont les qualités comme les défauts donnent à réfléchir, mais avant tout à apprendre. Au delà de son scénario qui met en avant la brutalité qui s’extrait de ses êtres, mais également la tendresse dont ils peuvent faire preuve, Le Dernier Loup n’en oublie pas le grand spectacle et offre aux spectateurs des scènes de batailles incroyables. Rythmés, brutales et remarquablement mises en scènes, ces scènes de batailles en mettent plein la vue et permettent de dynamiser une narration au rythme monotone et ce, malgré une bande sonore de bonne facture, signée James Horner. Néanmoins, Le Dernier Loup reste une œuvre imparfaite à cause de cette narration qui manque d’impact et de son casting parmi lequel aucun acteur ou actrice n’arrive à extraire un jeu plus touchant ou intense.

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