[Critique] Knock Knock réalisé par Eli Roth

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Synopsis : “Un soir d’orage, un architecte, marié et bon père de famille, resté seul pour le weekend, ouvre sa porte à 2 superbes jeunes femmes mal intentionnées…”


Cinéaste passionné par les films de genre et qui s’essaye à tous les postes depuis son début, Eli Roth a su se faire un nom au sein du septième art. Notamment reconnu pour avoir réalisé Hostel, ainsi que Hostel – Chapitre 2 ou pour avoir joué dans des films comme Inglourious Basterds et Piranha 3D, Eli Roth est omniprésent depuis la rentrée 2015. Présent au Festival de Deauville 2015, sortie de son nouveau film au cinéma le 23 septembre puis un rendez-vous frisson le 13 octobre avec la sortie en e-cinema du tant attendu et déjà acclamé Green Inferno. Eli Roth n’a pas fini de faire parler et c’est tant mieux, car même si sa filmographie est loin de nous enthousiasmer, il fait partie des rares qui semblent prendre du plaisir en réalisant ou jouant dans des longs-métrages triés sur le volet. Véritable amateur du film de genre, il revient derrière la caméra avec Knock Knock, un home invasion dans lequel Keanu Reeves va se laisser séduire par deux jeunes femmes très entreprenantes. Knock Knock possède-t-il les qualités adéquates pour également nous faire tomber dans un piège machiavélique ?

Ce disant inspiré de l’histoire du film Death Game, paru en 1977 et réalisé par Peter Traynor, Knock Knock tient clairement plus du remake que du film simplement inspiré par. Également producteur du film, à l’image de Sondra Locke, actrice du film d’origine et productrice exécutive de ce remake, Peter Traynor voit ici son film modernisé par l’écriture et la caméra d’Eli Roth. Moderniser, par l’utilisation des technologies que nous utilisons à outrance dans le but de faire avancer l’histoire, mais également, le moderniser en le rendant plus grand publique et moins “nanardesque”. Proche d’une parodie de film pornographique des années 60, Death Game possède tous les ingrédients du nanar, tout en ayant conscience de ce qu’il est. Une musique cheap, une accumulation de gros plans sur les corps des personnages, des fondus enchaînés pour amplifier l’aspect pervers et érotique, ainsi que des dialogues loufoques nous faisant plus penser à la parodie réalisée par Nicolas et BrunoA la recherche de l’ultra sexe qu’à un véritable objet cinématographique. Partant de cette même base, Eli Roth avait toutes les cartes en mains pour réaliser une série b osée et provocatrice ne se prenant pas au sérieux. Sauf que Knock Knock n’est pas une série b divertissante, bien au contraire, c’est un thriller au récit hollywoodien, linéaire et prévisible. Reposant sur une histoire extrêmement simpliste et dont le spectateur se moque éperdument, il faut au film trouver son rythme dans les punch-lines et au montage afin de réussir à jongler entre humour et horreur afin de divertir sans pour autant surprendre.

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Véritable “home invasion” dans l’âme, Knock Knock en reprend le concept et le modifie, afin de correspondre avec le propos initial du film. Principal, voire seul lieu du film, la maison représente l’endroit de tous les pêchés. Le lieu au cœur duquel tout va arriver et dans lequel le protagoniste ne peut avoir le contrôle sur la situation. Il n’est pas maître de son destin s’il ne contrôle pas ses pulsions. Un “home invasion” qui renverse les codes du genre, mais dont le seul but est de s’achever sur une morale grotesque qui aurait pu être drôle, mais qui ne l’est pas. Vous l’aurez compris, Knock Knock est donc dans ses grandes lignes, ce qu’on appelle un “huis clos”. Sauf que le réalisateur américain Eli Roth ne le voit pas comme tel et n’embrasse à aucun moment le potentiel du cinéma en “huis clos”. Visuellement sans intérêts, la réalisation se contente d’enchaîner les champs et contre champs sans chercher véritablement à soigner les cadres ou les mouvements de caméra. La maison ne devient jamais un personnage à part entière et ne reste qu’au stade de simples décors dans lequel vont se mouvoir les personnages. Aucune tension ni atmosphère ne va se dégager du film à cause de cette réalisation insipide et sans la moindre recherche.

Série b qui ne tient absolument pas ses promesses de dé part à cause d’une réalisation qui manque de panache et d’idées, mais également d’un humour qui ne marche à aucun moment. Knock Knock est une série b qui ne s’assume pas et qui n’assume pas sa perversité. Mettant un point d’honneur à faire ressortir les pulsions de l’homme face à des jeunes femmes entreprenantes, le long-métrage ne va pas au bout de ses idées en allant encore plus loin. Il se contente de mettre en place instance un jeu du chat et de la souris entre les jeunes femmes et le protagoniste, fuyant, car faible et prêt à craquer. Tout passe par des dialogues plus idiots que drôles, ainsi que par des rapprochements des jeunes femmes vers le personnage masculin. Un jeu des chaises musicales agaçant et interminable, jusqu’à ce que le film bascule dans un registre plus musclé, tout en restant mainstream et sans saveurs.  Ni excitant, ni drôle, ni terrifiant, on se demande bien sur quoi comptait Eli Roth pour faire réagir ses spectateurs.


En Conclusion :

Sur le papier et avec sa simple bande-annonce, Knock Knock faisait envie. Le film portait à croire que l’on allait avoir droit à une série b ne se prenant pas au sérieux la moindre seconde et osant aller au-delà des frontières bâties par le cinéma hollywoodien. Malheureusement, là où avec Hostel – Chapitre 2 (et  Green Inferno, que l’on a déjà vu et dont la critique arrivera très vite) il osait surprendre et rentrer dans le vif du sujet sans crainte de peur de la part des studios de productions, ici on retrouve un Eli Roth timide. Un réalisateur qui reprend les bases d’un film déjà existant et n’embrasse pas les différents registres qui s’ouvrent à lui. Knock Knock est un film de genre raté, un huis clos pathétique, mais un home invasion intéressant dans le fond. Jamais drôle, mal interprété et surtout qui se prend beaucoup trop au sérieux pour réussir à convaincre vis-à-vis de la promesse de départ. Il faut donc retenir qu’il ne faut : Surtout ne jamais ouvrir la porte… de la salle de cinéma.


 

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