[Critique] Expendables 3 réalisé par Patrick Hughes

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“Barney, Christmas et le reste de l’équipe affrontent Conrad Stonebanks, qui fut autrefois le fondateur des Expendables avec Barney. Stonebanks devint par la suite un redoutable trafiquant d’armes, que Barney fut obligé d’abattre… Du moins, c’est ce qu’il croyait.
Ayant échappé à la mort, Stonebanks a maintenant pour seul objectif d’éliminer l’équipe des Expendables. Mais Barney a d’autres plans… Il décide d’apporter du sang neuf à son unité spéciale et d’engager de nouveaux équipiers plus jeunes, plus vifs et plus calés en nouvelles technologies. Cette mission se révèle rapidement un choc des cultures et des générations, entre adeptes de la vieille école et experts high-tech.
Les Expendables vont livrer leur bataille la plus explosive et la plus personnelle…”

L’histoire des Expendables débuta en 2010 avec un premier film réalisé, écrit, produit et interprété par Sylvester Stallone. L’interprète de Rocky et Rambo avait réussi à rameuter des amis de la grande époque du cinéma d’action pour un dernier round avant une retraite annoncée. Fort est de constater qu’une fois le succès au rendez-vous, Sylvester Stallone a fait en sorte qu’un nouvel opus puisse être rapidement tourné afin de jouer sur la rentabilité du premier film. De fil en aiguille, nous voici en août 2014 avec Expendables 3. À cause d’un leak malheureux du film sur des sites de piratage américains, le film fût un flop phénoménal aux États-Unis et il devrait en être de même pour la France où le film devrait franchir non sans mal la barre du million de spectateur, mais n’atteindra jamais le sommet atteint par le deuxième opus avec ses 2 millions d’entrées. Pour ce qui ressemble à leur dernière chevauchée, les Expendables offrent-ils à leurs fans un film à la hauteur de l’image de chaque acteur reconnu présent au générique, après un premier opus tout juste sympathique et une suite très décevante ?

Faire un film d’action qui repose intégralement sur son casting, ça ne semble pas bien complexe à mettre sur pied d’un point de vue scénaristique. Tout bon spectateur vous dira que le scénario tient sur un post-it, mais il faut malgré tout avoir un bon sens du rythme pour réussir à passé du film d’action long et lent au film d’action explosif et entrainant. Pour sa première réalisation internationale, Patrick Hughes s’est entouré de deux monteurs et notamment d’un qui est bien connu pour avoir déjà travaillé avec notre très cher Sylvester Stallone. Je parle bien de Sean Albertson. Après avoir réalisé le montage de films comme Rocky Balboa et John Rambo, Sean Albertson vient donner un coup de main aux Expendables afin de créer un montage qui, tout en prenant un soin tout particulier à rendre les scènes d’actions lisibles et fluides, offre à chaque personnage la place qui lui convient. Avoir un casting si imposant n’est pas chose facile puisqu’il faut faire en sorte que chaque acteur conserve sa crédibilité et ne face pas office de figurant. Malgré un Jet Li qui fait juste office de “guest”, un Antonio Banderas qui cabotine, mais n’horripile pas et un Randy Couture qui ne sort pas du second rang, le restant du casting s’affirme et chaque personnage apporte son humour et/ou sa force de frappe. Au-delà de la mise en place des personnages, la force du travail d’Albertson sur ce film, est d’avoir réussi à créer un film d’action qui malgré quelques creux nécessaires ou non à l’évolution de la trame principale, conserve une tension du début à la fin et réussi à jongler avec habilité entre action et humour.

Puisque oui, au-delà du simple film d’action qu’il est, Expendables 3 s’avère être très drôle et rempli de sarcasme et d’autodérision. Les acteurs ne se prennent pas au sérieux, les acteurs s’amusent et contrairement à l’humour de The Expendables 2 : Unité Spéciale qui était presque uniquement composée de “private-joke” qui ne faisaient clairement pas rire, Expendables 3 n’exclue pas le spectateur et met en place un humour convivial, un humour accessible par n’importe quel spectateur, qu’il soit fin connaisseur des filmographies des acteurs ou simple spectateur lambda. À cela, on ajoutera une belle caractérisation des personnages, qui fait en sorte que la vie plus ou moins privée des acteurs les plus connus se réfléchit au travers de leurs personnages respectifs. Entre Wesley Snipes qui se confesse à Sylvester Stallone en déclarant qu’une simple erreur lui a coûté huit ans de prison et Mel Gibson qui dit non sans humour qu’il possède un cœur et qu’il est humain avant tout, c’est très drôle et même si l’intérêt qualitatif pour le film dans sa globalité n’est que minime, ça plaira à ceux qui ont grandi avec ces acteurs, qui nous démontrent qu’ils n’ont pas perdu leur humour et qu’ils ne sont pas encore six pieds sous terre.

Néanmoins, Expendables 3 ne surprend pas, au contraire il déçoit sur certains points tels que son histoire. Fort simpliste celle-ci mise beaucoup trop sur le relaiement des générations aux dépens des actionners que l’on espérait voir davantage en action comme Jason Statham, Terry Crew et Dolph Lundgren. Manquant cruellement d’enjeux, au-delà de faire comprendre que les Expendables est un groupe dans lequel peuvent cohabiter des actionners provenant de diverses générations, l’histoire de ce film laisse pantois et frustre le spectateur puisqu’il y réside malgré tout quelques bonnes choses telles qu’une narration qui prend soin d’introduire chaque scène d’action afin de conserver un fil conducteur du début à la fin, ainsi qu’un méchant qui repose intégralement sur le charisme de Mel Gibson, mais qui a ce petit quelque chose qui donne envie de croire qu’il est imprévisible, capable du pire comme du meilleur. Comme disait Alfred Hitchcock : ‘Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film” et grâce au charisme de Mel Gibson, le film gagne un méchant de taille et gagne en surplus le potentiel d’être le film d’action qui comblera votre été.

Alors oui, Expendables 3 n’a rien du film d’action de l’année comme on aime tant le dire, mais il possède ce petit quelque chose, qui fait de lui une série B qui défoule et dont on ressort avec le sourire. Badass, Punchy et Explosif, Expendables 3 a le potentiel pour combler les amateurs de série B et de films d’action. Serte il possède divers défauts comme une histoire bancale qui manque cruellement d’enjeux, des effets numériques qui datent des années 80, une mise en scène qui fait en sorte que le film soit proposé à un grand public ou encore une réalisation insipide, mais ces derniers sont sauvés par un montage diaboliquement bon, une bande sonore qui incrémente ce punch dont a besoin un tel film et surtout un casting qui ne se prend pas au sérieux, qui s’amuse et nous amuse. Un simple plaisir coupable dont on va malheureusement trop vite oublier l’existence.

3/5

 

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