[Critique] Agents très Spéciaux : Code U.N.C.L.E réalisé par Guy Ritchie

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Synopsis : “Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. retrace l’histoire de l’agent de la CIA Solo et de l’agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l’heure, Solo et Kuryakin n’ont qu’une piste : le contact de la fille d’un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d’infiltrer l’organisation criminelle. Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire.”


Les films d’espionnage n’ont pas fini de faire recette. Genre phare du cinéma américain depuis maintenant plusieurs décennies, les histoires d’agents secrets fascinent autant qu’elles font jubiler. Ne dérogeant pas à la règle du genre, de nouvelles productions voient le jour chaque année. Entre l’incroyable Kingsman, la série Mission – Impossible et les poids lourds James Bond et Jason Bourne, il est dur de ne pas trouver son bonheur. Au milieu de cette pléthore de divertissements hauts de gamme, Guy Ritchie (Sherlock Holmes) sort Agent très Spéciaux : Code Uncle, une sorte de « préquelle » de la série des années 60 : The Man from Uncle. Léché, drôle et spectaculaire, son dernier film s’impose très certainement comme le blockbuster le plus jubilatoire du mois de septembre malgré quelques défauts scénaristiques et une mise en scène parfois un peu trop mécanique.

Après visionnage, excitation oblige, on ne peut constater qu’une chose : le film a de la gueule. De la belle tête des acteurs, aux cadres et paysages, en passant par les scènes d’action, tout y est léché, classe, raffinée. Comédiens habillés chez Dior et Chanel, cadrages des plus beaux coins de Rome, le dernier Guy Ritchie a son lot de glamour. Il faut dire que tout y est fait pour. Une sublime photographie signée John Mathieson (chef opérateur attitré des péplums de Ridley Scott) reproduit les chromatismes qui ont fait la gloire du cinéaste britannique : le bleu froid d’hiver et le doré chaleureux. Couplée au jeu distancié d’un trio d’acteurs réjouissant de seconds degrés (Henry Cavill, Armie Hammer et la brillante Alicia Vikander à qui visiblement tout réussit cette année) elle impose au film une plaisance visuelle réjouissante.

Car de réjouissance, le film n’en manque pas. Le divertissement de Ritchie a tout pour faire jubiler. Le film présente un schéma basé sur une intermittence. Le réalisateur anglais alterne ici des séquences travaillant les interactions entre ses personnages et des scènes d’actions trépignantes. Même si les échanges entre acteurs révèlent des personnages aux traits de caractère assez unilatéraux (le genre du film oblige) et qu’ils laissent dans un premier temps l’intrigue de côté ( intrigue qui pourra éventuellement se faire attendre auprès de certains), le film trouve très vite son rythme et son dosage. Pour compenser le déséquilibre de rythme scénaristique qui pourrait affadir le premier acte du scénario, Ritchie enchaine les scènes d’actions rythmées par un montage millimétré à la perfection.

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Si Agents très Spéciaux : Code Uncle s’amuse à renouveler les codes voire les clichés du genre sans chercher à le renouveler, il soigne à la perfection l’exécution technique de ses scènes d’actions. À couper le souffle, elles enchainent les références aux cinéastes maniéristes. Entre des split-screen délirant à la Brian de Palma, une légèreté dans esthétisation de la violence digne d’un Tarantino, un montage “Scorsesien” frénétique et percutant et des plans-séquences numériques spectaculaires, chaque scène d’action propose un choix de mis en valeur visuelle différente.

L’un des problèmes du film viendra paradoxalement peut-être de là. La mise en scène de Ritchie est, à l’accoutumée, quasi exclusivement basée sur des effets devenant mécaniques sur la durée plutôt que sur un vrai sens de la valorisation ou la composition. L’usage pompier, mais jubilatoire et spectaculaire de la musique dans la plupart des séquences en témoigne. Une musique d’une grande classe elle aussi, composée par le très talentueux et prometteur Daniel Pemberton, compositeur entre autres de l’énigmatique bande originale de Cartel, film maudit de Ridley Scott. Un compositeur qui s’essaye ici au surf rock, genre phare des années 1960.

En abusant de ces effets, Ritchie essaye d’amplifier artificiellement des atmosphères qui auraient parfois mérité un travail plus fin. La parodie ne réussit de plus pas toujours au réalisateur qui s’en sert souvent comme d’une caution, basant toutes ses séquences humoristiques sur ce ressort parfois un peu facile. Le dénouement émotionnel de son histoire se perd par ailleurs dans un troisième acte chaotique, enchaînant les séquences qui s’entrechoquent. En concentrant les ressorts de son intrigue sur la fin de son film, Ritchie fait perdre à son blockbuster un dosage qui jusqu’ici fonctionnait très bien.


En Conclusion :

Divertissement assumé versant volontairement dans le second degré, Agent très Spéciaux : Code Uncle est un blockbuster méritant le détour. Digne représentant de la mode de la mise en scène à « effets », il dégage une fluidité rythmique et visuelle d’une grande efficacité même si on pourrait regretter certains défauts de script.


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