Creed : L’héritage de Rocky (Critique | 2016) réalisé par Ryan Coogler

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Synopsis: “Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d’être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D’abord réticent, l’ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…”

Rocky est le mythe américain par excellence, l’illustration même de tout ce que représente le rêve américain dans une société du mérite. À tel point que la fiction a réussi à marquer la réalité et s’inscrire dans le quotidien des habitants de Philadelphie, une statue à l’effigie de Rocky a été inaugurée en 2006. C’est dire à quel point Rocky est important dans la culture populaire américaine, mais aussi dans le reste du monde. Creed est annoncé comme le nouveau souffle de la saga, un passage de flambeau entre Sylvester Stallone et Michael B Jordan. Que vaut Creed, en tant que film à part entière, mais surtout fait-il honneur à la saga qui a marqué plus d’une génération ?

Il est impossible de commencer sans parler du réalisateur, Ryan Coogler. Réalisateur de l’excellent Fruitvale Station, film engagé, indépendant qui a cartonné en festival et a raflé bon nombre de prix. Son acteur principal, Michael B Jordan, était déjà présent dans ce dernier et livrait une performance incroyable. Deux acteurs du cinéma indépendant qui s’attaque à une machine comme la saga Rocky… Autant le dire tout de suite, le travail a été bien fait. Ryan Coogler sait construire un film. Le découpage des scènes d’entraînement est millimétré, un montage dynamique sans pour autant être épileptique accompagne ce découpage. On a le droit à des séquences de training plus intenses que la plupart des combats dans le reste des films d’action sortis dernièrement. Si les scènes d’entrainement de Adonis Johnson (le personnage de Michael B Jordan) sont intenses, Ryan Coogler a du mal à démarrer son film. Les premières images dans une prison pour mineur sont très bonnes et nous font totalement entrer dans le film. Mais l’aspect dramatique qui l’accompagne est dérangeant, forcé et mal amené. Malgré le fait que ce soit une scène d’exposition, on aurait préféré que le réalisateur prenne un peu plus de temps pour présenter le contexte. Tout va trop vite au début et étonnamment ça rend la chose plate et longue. La suite du récit, quant à elle, est parfaitement menée.

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L’enjeu principal, bien que peu intéressant au premier abord, prend de l’ampleur au fil de l’évolution du personnage et du monde qui l’entoure. Si les séances d’entraînement sont intenses et que le début du récit laisse légèrement à désirer, les incroyables scènes de combats vont nous mettre d’accord. La Rage au Ventre avait quelques plans inventifs, mais les combats étaient plutôt mou et manquaient de puissance. Creed dispose de combats magnifiquement chorégraphiés, réalisés à l’aide d’une caméra portée façon 3e personne qui offre au spectateur une place au centre du ring. Alternant entre 3e personne, caméra façon télé sportive et vue subjective, le montage donne accès à tous les points de vue. Il est parfaitement géré et rend les transitions naturelles grâce à des raccords millimétrés. Ryan Coogler, en plus d’offrir des scènes chorégraphiées comme jamais pour un film de boxe, se fait plaisir en inventant des mouvements de caméra. Quand Adonis tombe au sol et que la caméra fait un travelling vertical brusque pour simuler une chute, l’effet recherché et obtenu est génial et participe à l’immersion et au plaisir du spectateur. Si l’image est grandement responsable de la réussite des combats, c’est le son qui va renforcer les impacts et emmène le film dans une autre dimension. Quelque chose de plus intense. Le travail est tel qu’on a l’impression d’être sur le ring, entouré par des milliers de personnes qui crient.

Pour ce qui est des personnages, ce sont des personnages moins caricaturaux que dans les premiers films. On a trois personnages vraiment développés, avec leurs palettes d’émotions, leurs histoires et tout ce qui va avec. Michael B Jordan campe Adonis Creed à la perfection. Un personnage sûr de lui, impulsif, bagarreur, mais respectueux et talentueux. Son personnage est présenté comme le nouveau Rocky, mais Adonis est totalement différent, plus frais, plus jeune, avec un combat similaire et des motivations propres à lui. Les deux personnages ont une relation père/fils, mentor/élève qui s’inverse encore et encore au fil du film. Sylvester Stallone livre une interprétation de son personnage culte incroyable. Comme un adieu, à un personnage qui l’aura fait connaître et qui sera devenue une légende dans le monde fictionnel, comme réel.

Rocky est, durant la dernière partie du long-métrage, le personnage principal. Le troisième personnage est celui de Bianca, jouée par Tessa Thompson. La Adrienne de Adonis, elle aussi totalement différente dans le traitement de son caractère. Son personnage est utilisé avec justesse. Les scènes d’amour entre elle et Donnie sont touchantes, et le premier baiser nous transporte dans un teen movie. On aime très vite ces deux nouveaux personnages. La performance de ces trois acteurs est incroyable, plus particulièrement Sylvester Stallone et Michael B. Jordan. Stallone livre son Rocky le plus travaillé, affaiblit par les combats, le temps et ce qu’il a enduré durant sa vie. Un Rocky qui n’a plus goût à la vie, qui n’a plus la rage de se battre, mais qui entraînera quand même Adonis, qui le lui rendra bien. Stallone exécute une réelle performance dramatique, dans la transformation de la démarche, de la voix, de tout. Michael B Jordan s’est tout autant donné, prise de masse et de muscle, entraînement intensif à la boxe anglaise. Son implication est telle qu’il s’est même laissé filmé lord d’un réel Knockout, qui une fois mis au ralenti, est visuellement top. Ryan Coogler aime son acteur principal et le montre.

Mention particulière pour le travail effectué sur les jeux de lumière lors des scènes sportives, qui sont magnifiques. Elle met en avant Jordan et plus particulièrement son corps. L’une des premières scènes au Mexique, illustre parfaitement cela, la lumière met en avant Adonis, le rend supérieur, presque invincible.

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En Conclusion :

Creed n’est pas un simple remake/reboot, c’est un nouveau film, qui tout en faisant hommage à Rocky s’en émancipe. Il apporte quelque chose de nouveau et de frais, Ryan Coogler réussit à donner un divertissement intense, maîtrisé et de qualité. Entre remake et hommage, Creed reprend les scènes cultes de chaque Rocky. Les reprends et les sublime, à la sauce actuelle, dans le ton du reste du film. La scène de Rocky 2 où Rocky est suivie dans la rue pendant son entraînement par des dizaines de personnes est reprise. Avec des quads et des motos, une des plus belles scènes du film, avec des images fortes. La BO reprend aussi les thèmes originaux pour les remixer et en faire des sons plus jeunes, sans pour autant les dénaturer. La BO est plutôt hip-hop, avec beaucoup de thèmes d’origines, le tout rend bien dans son ensemble. Creed est définitivement le film à voir en janvier au cinéma, tout aussi bon que le premier Rocky, une grosse claque qui fait du bien.

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