[Court-Métrage] Turbo Killer – Le cinéma de genre français n’est pas mort

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Il y a quelques mois, l’on vous parlait du court-métrage Temple réalisé par l’équipe déjà reconnue grâce au projet : Akira Project. En l’espace de quelques jours, le court-métrage a été repéré par une entreprise américaine ayant décidé d’investir et de faire de ce simple projet, un véritable long-métrage. Les jeunes réalisateurs de talent sont nombreux, et ne sont pas qu’aux Etats-Unis. Ils sont déterminés, volontaires et imprégnés par une culture pop et geek qui se retrouve au travers de leurs projets. Akira Project, Temple, Left 4 Dead et on en passe des meilleurs, qui ne demandent qu’à être visionné en Festival, ainsi que sur YouTube et autres plates-formes. Cette fois, c’est le duo Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard qui nous intéresse.

Plus connu sous le pseudonyme Seth Ikerman, les deux compères se sont fait connaître il y a de ça quelques années (2011 pour être précis) par le biais d’un fan film. Fan film d’un peu moins d’une heure, qui démontrait qu’avec peux de moyens, mais une volonté et du talent, il est possible de faire concrètement l’impossible. Kaydara, le fan film en question, plongeait le spectateur dans l’univers de Matrix, aux côtés de nouveaux protagonistes. Une remise en question de l’univers créé par les Wachowski, tout en conservant une certaine cohérence dans l’histoire (véritable hommage au film dorénavant ancré dans la culture cinématographique), la direction artistique et les différents effets visuels utilisés. Kaydara ne permettait cependant pas de voir l’étendue du talent du duo. Ne permettait pas de voir ce qu’ils pouvaient avoir comme ambition autres que celles de réaliser un “fan-film”. Avec un “proof of concept” mis en ligne il y a de ça un mois, ainsi que le clip/court-métrage nommé Turbo Killer, on en sait dorénavant plus sur l’univers dans lequel Seth Ickerman cherche à plonger ses spectateurs.

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Synopsis “proof of concept Ickerman”: Se déroulant dans une mégalopole futuriste et automatisée où la population ne jure plus que par la réalité virtuelle et les nouvelles technologies, ICKERMAN suit les aventures d’un professeur cinéphile et nostalgique. Essayant de délivrer son meilleur ami des griffes de l’homme qui contrôle cette ère digitale, il finit par agir comme les héros qu’il admire et redonne à ce monde une part de réalité…

Un duo toujours aussi talentueux, qui s’oriente vers du cinéma de genre, tout en restant très inspiré par le cinéma de science-fiction – et anxiogène sur certains plans – des Wachowski. Présenté pour la première fois au PIDS (Paris Images Digital Summit), le teaser Ickerman a fait l’effet d’une bombe. Un budget de 1000€, une nuit de tournage et trois mois de production et de travail pour l’info-graphiste Savitri pour un résultat qui aura séduit plus d’un professionnel lors de divers festivals et conventions. Visuellement superbe, ce teaser, même si peu compréhensible puisqu’il se focalise essentiellement sur une course-poursuite, donne un avant-goût de l’univers auquel les deux réalisateurs français souhaitent donner vie.

Avant tout, donner vie à un véritable long-métrage co-scénarisé par le duo Raphaël Hernandez/Savitri Joly-Gonfard et dont le tournage est prévu pour le premier semestre 2017. Il s’agira donc, d’une production internationale, ce qui n’est en soit pas une surprise tant les producteurs français sont craintifs vis-à-vis de l’ambition que peuvent avoir les jeunes cinéastes. Le cinéma de science-fiction et plus généralement le cinéma de genre est un cinéma de niche. Un cinéma qui ne touche pas un assez large public pour donner la confiance nécessaire aux producteurs et autres personnes à même de financer un long-métrage. Même si Ickerman sera réalisé avec un “budget contenu”.


Avant de voir ce fameux Ickerman (titre de travail) sur grand écran en 2017 si tout va dans le bon sens durant la production du film, Seth Ickerman a de nouveau fait des étincelles. Artiste français connu pour avoir réalisé quelques EP, ainsi que des compositions pour des jeux vidéos tels que Hotline Miami 2 : Wrong Number et The Crew, Carpenter Brut a fait appel au duo pour mettre en image le titre Turbo Killer. Ce qui nous donne un court-métrage évident. Une rencontre évidente entre un artiste dont les compositions sortent des sentiers battus à l’image de l’univers visuel de Seth Ickerman.

Fortement inspiré par un certain Speed Racer réalisé par les Wachowski, Turbo Killer nous met une petite claque. La rencontre entre un monde cyberpunk et une esthétique Grindhouse des années 60. Seth Ickerman met en avant la musique de Carpenter Brut. Il fait de la rythmique de la composition un élément à part entière du film. Un véritable turbo qui va permettre aux deux protagonistes de se réunir et aux véhicules d’aller encore plus vite. La musique n’est ici pas qu’un simple élément existant en dehors de la diégèse. Elle a son intérêt véritable et va permettre au film de faire évoluer son petit récit, ainsi que d’avoir un rythme préétabli pour le montage visuel. La musique ne vampirise pas l’image et inversement. Un véritable tour de force à la fois artistique et technique.

Pop, furieux et littéralement déjanté, ce court-métrage nous porte à penser une nouvelle fois que le cinéma de genre français est loin d’être mort. Cependant, pour qu’il puisse survivre et vivre de nouveau il faudra leur faire confiance et leur donner la visibilité nécessaire.


 

Magnifiques images tirées du clip Turbo Killer

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