Conjuring 2 : Le Cas Enfield (Critique | 2016) réalisé par James Wan

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Synopsis : “Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s’agira d’une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes…”

Trois ans après un Conjuring : Les Dossiers Warren convaincant et effrayant, James Wan continue sa nouvelle franchise après son passage à la réalisation d’un des plus gros divertissements de 2015 Fast7James Wan est aujourd’hui considéré comme le nouveau maître de l’horreur, mais surtout un lanceur de saga monstrueux, après Saw et Insidious il compte bien faire de Conjuring sa nouvelle recette fructueuse. Conjuring 2 : Le Cas Enfield dispose d’un budget plus conséquent que le premier et d’une promo incroyable. Lors de la projection presse nous avons eu droit à un prêtre venu bénir la salle et à une distribution de chapelets pour éloigner le mal. Le nouveau film de James Wan bénéficie d’une exposition médiatique rondement bien menée, mais quand est-il du film ?

Le premier Conjuring avait eu très bonne presse, du fait de sa direction artistique, du bon développement de ses personnages, des ruses de mise en scène faite pour effrayer le spectateur et l’ambiance pesante qu’abritaient les lieux de cette aventure. Autant le dire tout de suite, il sera difficile d’en dire autant sur cette suite. La structure scénaristique reste identique au premier volet, en tout point. James Wan reproduit par automatisme, délaissant de ce fait de nombreux points capitaux. La scène d’exposition premièrement, trop rapide et pas vraiment réussie. Les Warren se rendent dans la maison d’Amytiville, on en apprend un peu plus de leur histoire sans pour autant avoir le même effet que la poupée Annabelle, soit nous effrayer et faire entrer le film dans le vif du sujet. Ce premier acte renferme tout de même les scènes les plus réussies du film. Directement reprise du film Insidious 2 on a le droit à un voyage dans le monde des esprits, glaçant, utilisant l’esthétique propre à ce monde. Une fois cette séquence passée, les bonnes idées se font rares.

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La vie des Warren est inintéressante, les premières manifestations du cas Enfield sont peu convaincantes. On a du mal à s’attacher à cette famille tant leurs relations sont fausses. Les personnages ne sont liés entre eux que pour amener à une péripétie fantastique. Certains des enfants sont même transparents et ne jouent un rôle qu’à un moment précis avant de disparaître à nouveau. Le manque d’empathie pour cette famille rend la peur moins présente. C’est donc pour cela que la production/réalisateur a choisi de remplir le film de jump scares. Si la peur, la tension, n’est pas présente, c’est grâce à cause d’une identification qui ne fait fait à aucun moment entre le spectateur et les personnages. Cela résulte d’une mauvaise écriture ou d’une réalisation charcutée au montage. En bref, les personnages sont plats, les Warren quant à eux perdent en crédibilité, là où le premier film posait des bases solides, cette suite ne cherche pas à creuser de nouvelles choses. Le long métrage dans sa totalité, semble vide de scénario. Pourquoi nous montrer des événements du registre fantastique si c’est ensuite pour les remettre en question ? Le parti pris du film est étrange, on ne sait pas vraiment dans quelle direction il va. On pourrait dire du film en entier qu’il se repose sur ses acquis.

Les jump scares bien trop présents crées un climat de paranoïa chez le spectateur, le faisait totalement sortir du film. Ils servent le propos dans un premier temps – les balades nocturnes de la petite fille… – pour ensuite s’accumuler et devenir gênants. C’est là un des points faibles de ce film. Certains aimeront, mais pour moi un film d’épouvante se doit de pousser l’horreur après le visionnage du film, hanter l’esprit. Ici c’est de la sensation « forte » sur le moment uniquement, de la surprise et non de la peur.

Visuellement le long métrage propose deux ambiances bien distinctes. Les Warren dans la lumière, dans des tons jaune orange, alors qu’à l’opposé, la famille victime des esprits est mise en lumière par des teintes bleues très froides. Ce qui va de paire avec la pluie. Censées montrer l’opposition, ces deux ambiances sont banales. Au niveau du son le travail réalisé est très bon, l’ambiance sonore est impeccable, appuyant parfaitement les jump scares. Niveau choix artistique on peut parler de louper quasi-totale. Que ce soit le choix des musiques (Elvis chanté par monsieur Warren ou comment détruire tout espoir d’atmosphère flippante), les décors (le décor final fait penser à un film catastrophe/action avec la photo qui suit) ou encore les costumes et le croocked-man très(trop) cartoon et un vieillard à peine effrayant. La none est sans doute la plus grande réussite de ce film, encore une fois on va pousser son potentiel au maximum jusqu’à la rendre ridicule. À toujours vouloir en faire trop James Wan surexploite ses bonnes idées quitte à en perdre les qualités qu’elles apportent au long métrage. L’exemple parfait est le nombre important de plans débullés qui perdent leurs charmes au fil de l’accumulation. Une poignée de bonnes choses parsèment le film. Une transition jour/nuit très réussie dans la maison d’Enfield ou encore le jeu avec le flou lors de l’interrogatoire du démon dans le salon, génial et inquiétant.


En Conclusion :

Conjuring 2 : Le Cas Enfield a son petit lot de bonnes idées, mais surtout sa tonne de défauts. Il est en grande partie une déception qui laisse peu espérer pour la suite de la franchise. La bonne nouvelle reste la capacité dont dispose le réalisateur James Wan à créer des œuvres de pur divertissement, comme ce fût le cas avec un Fast 7, film à des lieux de ses productions horrifiques habituelles. L’on peut donc penser qu’il arrivera à faire quelque chose de sympa pour AquamanConjuring 2 : Le Cas Enfield est un divertissement de sensation, plus qu’un film à ambiance. Un film d’horreur reposant sur des mécanismes “faciles”, dont malgré tout, les quelques fulgurances de réalisation lui permette de sortir du lot des films d’horreur hollywoodien peu recommandables. Cependant, ces quelques bonnes idées ne permette pas à ce long métrage d’être un bon film pour autant.

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3 commentaires sur “Conjuring 2 : Le Cas Enfield (Critique | 2016) réalisé par James Wan

  1. J’ai beaucoup hésité avant de voir ce film, car j’avais peur d’être déçue. Alors là, James Wan a su montrer toute l’ampleur de son talent. Et pour cause, ce long-métrage est vraiment effrayant et j’ai apprécié le décor, la musique et tout.

  2. Une des premières critiques que je lis et qui ne porte pas ce nouveau cru de James Wan aux nues… C’est suffisamment rare pour être souligné. Je crois que je commençais à me sentir un peu seule dans le camp des “Tout ça pour ça”. Belle esthétique mais bon, si ça suffisait à faire un bon film, depuis le temps, on le saurait hein. Je me suis ennuyée, vraiment ennuyée et je n’en voyais pas la fin. Contrairement à toi, j’ai trouvé la nonne ridicule… Qui plus est quand on apprend que c’est en gros un “déguisement” qui abrite un démon trop puissant, trop méchant, trop affreux, trop la claque démoniaque et que Mme Warren arrive à le renvoyer dans les limbes en criant… Son nom. Voilà, merci au revoir, c’était sympa mais non merci en fait. ARNAQUE.
    J’avais adoré le premier volet pourtant. Et Vera Farmiga comme Patrick Wilson n’étaient pas aussi fades et transparents qu’ici. C’était presque douloureux à regarder de les voir errer d’un bord à l’autre de l’écran avec leurs yeux de poissons morts. Sans la scène de confessions du fantôme, tranquillement posé dans son fauteuil, je crois qu’il serait allé directement dans la case “nanard”. Là, ça sauve un peu la mise, on va dire qu’il est simplement mauvais, cet épisode 2.

    Et puis un film centré uniquement sur Valak, ça sent le truc casse-gueule, uniquement pour jeter de la poudre aux yeux, comme cela a été le cas pour Annabelle.

    1. Oui, ce film n’est clairement pas le film d’horreur de l’année comme on aime le dire un peu partout. Il est assez décevant notamment son scénario vu et revu en panne d’inspiration, même si esthétiquement et techniquement très réussi. Et comme tu le dis, un film centré sur Valak, la seule idée derrière ce projet est de faire de l’argent en surfant sur le nom “Conjuring”, un nom qui rapporte !

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