Comancheria (Critique | 2016) réalisé par David Mackenzie

comancheria-critique-deauville-film

Synopsis : “Après la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec son propre argent. À leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter. “

Comancheria, ce film annoncé comme « le thriller de l’année » subit un good buzz juste avant sa sortie en France, grâce à de nombreuses critiques élogieuses et au genre du thriller qui se voit délaissé de grands films depuis quelques temps. Comancheria c’est aussi le nouveau film de David Mackenzie, après l’émouvant Perfect Sense et le très juste et poignant Les Poings contre les murs. Deux films ayant reçu un accueil critique quasi unanime, Comancheria est donc attendu, en ajoutant à cela que le scénariste de Sicario a signé le script de ce nouveau thriller.

David Mackenzie s’est forgé une réputation de cinéaste du milieu, entre le cinéma engagé et le cinéma gros spectacle. Perfect Sense est un film écolo, qui se recentre sur l’humain et notre état primaire. Les Poings Contre les Murs est toujours humain et traite des souffrances interne et du rapport à la famille et l’éducation. Comancheria pour sa part, reste dans cette lignée en abordant divers thèmes tels que la famille, l’exploitation des agriculteurs, le contrôle total de banques sur nos vies. Sans changer, Mackenzie nous expose sa vision de la société qu’il avait déjà amenée dans ses précédents films, c’est-à-dire une vision morose, où le capitalisme est l’ennemi. Mackenzie livre un film humain et engagé, chose qui est tout à son honneur de nos jours où peu serait prêt à exposer leur vision du monde de cette façon.

Comancheria1Comancheria2


Si dans l’écriture le film est engagé c’est sans doute grâce à Mackenzie, mais le film a tout de même été écrit par Taylor Sheridan (Sicario) et va avec son écriture à la fois offrir de magnifiques choses au film, mais également quelques points plus dérangeants. Notamment un manque de tension, insufflé par le scénario en lui-même et non pas par la mise en scène de David Mackenzie. C’était déjà le cas dans le film de Denis Villeneuve, Sicario. L’atmosphère créée par le rythme nonchalant n’est pas propice au thriller. L’écriture fonctionne, va relancer le rythme du film par fulgurances (la scène du convoi au Mexique dans Sicario par exemple), et ici encore dans Comancheria c’est le cas. Seul deux des cinq braquages proposés, provoquent une réelle montée de tension chez le spectateur. Celui d’ouverture et celui qui clôture le film. Un défaut qui rend le film presque plat, une fois encore à cause de l’écriture, du manque de retournement de situation. Une narration également peut-être trop linéaire, sans écart, faisant que le long-métrage vogue en vitesse de croisière sans surprendre.

Si on peut reprocher à la narration beaucoup de choses, l’écriture des personnages n’a pour sa part, aucun défaut. Les trois personnages principaux (les deux frères et le shérif) sont détaillés, dotés d’un background riche développé en filigrane et aux traits de personnalités et réactions cohérentes et humaines. On se retrouve avec des personnages nuancés, à mille lieues du manichéisme. Ça fait du bien de ne pas voir des relations prémâchées, déjà digérées qu’on nous donne à ingurgiter. L’écriture est soutenue par une réalisation sobre, classique, sans excentricités. Certains plans sont très beaux, harmonieux pour mettre en valeur les déserts texans. La photographie sans être remarquable est à la hauteur de la réalisation. L’image du film n’est donc pas incroyable sans pour autant devenir un défaut, plaisante par moment elle n’est pas un atout exceptionnel. Le son est très bon, de la Bande Originale aux bruitages, en passant par l’ambiance générale, tout est absolument mixé à la perfection pour ne jamais faire sortir du film le spectateur. Les acteurs sont très bons. Jeff Bridges est parfait dans son rôle de flic presque à la retraite. Les deux frères Chris Pine et Ben Foster laissent vivre à l’écran une réelle émotion/relation qui apporte une touche de réalisme au film.


En Conclusion :

Comancheria de David Mackenzie est un bon film, bien écrit, avec un point de vue intéressant et non pas lisse. L’écriture est bonne malgré quelques baisses de tension durant le deuxième acte, c’est les personnages qui donnent une nouvelle dimension au film. Loin du film de braquage, Comancheria est un bon drame et non pas un thriller de haut volé. Comancheria est un film à l’écriture fine et engagée. Tout en étant un bon film, Comancheria n’est cependant pas aussi important que Perfect Sense ou Les Poings Contre les Murs dans la filmographie de David Mackenzie.

[usr 3.5]


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *