[Chronique Série] Minority Report – Flop compréhensible pour un pilot insipide

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Synopsis : “En 2040, Agatha et ses deux frères jumeaux Dash et Arthur ont la capacité unique de prédire le futur, notamment de prévoir les meurtres avant qu’ils ne soient perpétrés. Sous la supervision de scientifiques, Precrime les a isolé pour exploiter leurs dons et ainsi stopper de nombreux crimes avant qu’ils ne surviennent. En 2065, maintenant dans leurs trentaines, la fratrie a été libérée et Precrime démantelé. Arthur a malheureusement été séparé de son frère et sa soeur. Toujours hanté par des flashs lui montrant le sort funeste de nombreuses victimes, Dash tente en vain d’en sauver au moins une. Mais sans son frère, son don est incomplet. Un enchaînement de circonstances l’amène à collaborer avec une enquêtrice, Lara Vega. Ensemble, ils vont s’efforcer d’arrêter les criminels, tout en préservant le secret de Dash. D’autant que ce dernier ne peut voir son propre avenir, ni les dangers qui peuvent bien le guetter…”


Le 2 octobre 2002, Steven Spielberg marquait une nouvelle fois son nom au panthéon des réalisateurs ayant mis en scène des chefs-d’œuvre cinématographiques. Après La Couleur Pourpre, Jaws, La Liste de Schindler ou encore la trilogie Indiana Jones pour ne citer qu’eux, le réalisateur américain s’attaquait une seconde fois en deux ans au cinéma d’anticipation. A.I Intelligence Artificielle nous avait démontré la force avec laquelle Steven Spielberg réussi, de par son écriture et sa mise en scène, à émouvoir chacun des spectateurs, tout en développant un background aux thématiques d’une richesses inouïes. Dès ses premières minutes, Minority Report se place comme le blockbuster d’anticipation majeure. Un film qui, à l’image d’un Jurassic Park, transporte le spectateur dans un tout autre univers avec une facilité déconcertante. Plongé dans un futur régi par une police qui pouvant voir l’avenir avec quelques minutes d’avance les différents assassinats, le spectateur se prend au jeu et devient membre à part entière de la Precrime jusqu’au moment où tout va déraper. Une course poursuite où le récit va se jouer du spectateur par une utilisation astucieuse de la thématique de l’avenir. Peut-on et comment réussir à déjouer ce que notre destin nous réserve ou plus particulièrement ce que l’on veut nous faire croire comme étant notre destin. Un divertissement facile d’accès au premier abord, mais au final, un thriller d’anticipation au scénario d’une richesse et d’une maitrise incomparable aujourd’hui encore.



Jusqu’à ce qu’arrive le 21 septembre 2015. Une date à marquer d’une pierre rouge et qui ne restera pas dans nos mémoires. N’ayant aucune idée originale, des producteurs ont décidé d’adapter le chef-d’œuvre de Steven Spielberg au format télévisé. Une série qui n’est pas un reboot ou remake du film, mais qui se situe bien dans sa continuité. Quinze ans plus tard pour être exacte. Le problème majeur de cette série, au-delà du fait que Minority Report se suffit à lui même, est finalement de vouloir faire une suite. Faire une suite c’est se heurter à la comparaison avec l’objet cinématographique qui l’a précédé. Que ce soit du point de vue visuel, sonore, d’écriture ou de mise en scène, la série Minority Report n’arrive pas à la cheville du film éponyme. Réalisée de la même manière que n’importe quelle série télévisée à enquêtes formatée, mais divertissante, celle-ci  n’apporte strictement rien au genre. Les plans ne sont pas honteux, mais le cadrage est insipide et se contente de suivre les acteurs qui créer l’action. Du divertissement à l’américaine qui se contente de faire vivre l’action sans se soucier de l’apport que pourrait générer une quelconque recherche dans la photographie, le cadre ou les mouvements de caméra. C’est dynamique, mais scripté et l’imagerie ne possède aucune pâte artistique ou personnelle qu’aurait pu apporter un metteur en scène plus libre de ses choix. Ici l’on fait face à une série qui va se contenter d’enchaîner les enquêtes épisode par épisode, en utilisant un background futuriste, le nom du bureau d’investigation du film (Precrime), ainsi que trois de ses personnages :  les precogs.

Ayant la faculté de pouvoir prédire un meurtre avant que celui-ci n’ait lieu, la caractérisation d’un precog est propice à la facilité scénaristique. Un personnage qui prévoit l’avenir donc va être en mesure d’aider les agents de la Precrime afin d’éviter les assassinats à venir. Ce que nous annonce le pilote, sur le futur de la série Minority Report se résume à ça et rien de plus. C’est à dire au point de départ du récit du film réalisé par Steven Spielberg. Les précogs et plus particulièrement Agatha, sont dans le film, des êtres attachants dont la faculté est à la fois une bonne comme une mauvaise chose. Des êtres humains caractérisés comme des humains aux facultés exemplaires, mais aux vies tristement vides et à l’enfance torturée. L’on y voit une critique de l’être humain qui se servait de cette facultée, ainsi que de ces hommes et femmes pour leur propre besoin. Des personnages touchants et attachants, là où la série les résume avec simplicité à de simples humains ayant des pouvoirs. A l’image d’un film de super-héros estampillé Marvel ou DC Comics. De quoi insurger les connaisseurs du film original. Un choix scénaristique en totale opposition avec ce qu’essayait d’inculquer le film aux spectateurs. Des personnages insipides, qui évoluent dans un monde numérique à leur image.


En Conclusion :

Des personnages insipides, qui évoluent dans un monde numérique à leur image. Minority Report était un film touchant et émouvant, évoluant dans un futur morose où la vie ne semble pas joyeuse. Tel notre état après la visualisation du pilote de la série du même nom. C’est un divertissement, qui dans son état formel est de bonne facture, mais qui se contente du minimum syndical, voire moins. Le background est fade, la caractérisation des personnages est simpliste et la mise en scène scripté. Au global, on fait face à un épisode dynamique et qui pourrait plaire au grand public peu regardant sur la marchandise, mais face à la concurrence ça reste sans intérêt et insipide. Il nous manque la mise en scène d’un Steven Spielberg, la photographie d’un Janusz Kaminski et la bande sonore d’un John Williams. Oui, c’est ce qu’on appel demander la lune, mais si on adapte Minority Report il faut le faite en bonne et due forme et pas comme ça.


Notre aventure avec Minority Report va s’arrêter à ce pilote et avec à peine 3,09 millions de téléspectateurs, soit 1,1% sur  la FOX à 21h la série risque de très vite voir le bout du tunnel.

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