Charlie’s Angels, ces drôles de dames sont diaboliques


Synopsis : « Les Charlie’s Angels ont toujours assuré la sécurité de leurs clients grâce à leurs compétences hors du commun. L’agence Townsend a maintenant étendu ses activités à l’international, avec les femmes les plus intelligentes, les plus téméraires et les mieux entraînées du monde entier – de multiples équipes de Charlie’s Angels affrontant les missions les plus périlleuses, chacune guidée par son propre Bosley. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Une série télé culte dans les années 1970, deux films en 2010 et 2013, voici « enfin » le retour des Drôles de Dames soit les Anges de Charlie aux USA : Charlie’s Angels. Le mot « enfin » n’est pas vain car depuis le début de la décennie, le monde a évolué. La place des femmes est devenue centrale, l’égalité est en chemin même si cela prend du temps.

Dans ce retour des Anges, même si la sensualité du trio existe toujours, le scénario d’Elizabeth Banks met en avant le talent des Anges et leur côté drôle, combattif, sérieux et par moment lunaire pour mieux montrer qu’une femme aujourd’hui est indépendante. La scène d’ouverture exprime ce changement : une scène de drague prévisible avec un homme de main qui ne semble rien voir. Puis les dialogues s’enchainent et Kristen Stewart réussit à capter l’écran pour expliquer que le monde a changé. Permettre de comprendre que ce nouveau volet des Drôles de Dames s’écrit différemment, de l’humour oui mais des femmes qui s’éclatent en éclatant les standards.

Charlie’s Angels est un divertissement suffisamment malin pour que l’on ne s’ennuie pas une seule minute. La scène d’ouverture donne le ton : action, revendication féministe et un brin de folie. Et cette folie est portée par Kristen Strewart délurée, délirante et à 100 000 lieues de tout ce qu’elle a pu interpréter précédemment. Elle semble légère, prête pour l’aventure, comme libérée de toutes les images que le cinéma a pu lui coller à la peau. Elle rayonne et assume pleinement ses œillades vers les filles qu’elle croise.

Et en parlant de filles qu’elle croise, le casting pour composer le trio est parfait : Naomi Scott sortie de son rôle de Jasmine de la version live d’Aladdin ajoute une nouvelle corde à son arc. En plus de la danse, elle a appris à chorégraphier les combats. Et la nouvelle recrue, Ella Balinska complète ce trio magique. Elle est la guerrière, l’ancienne agent du MI-6 recrutée pour ses compétences physiques. Pour les entourer, Sam Claflin dont le rôle est un peu réduit à portion congrue ou encore Noah Centineo en laborantin amoureux et aussi Patrick Stewart en Bosley des origines en photo avec les précédentes Drôles de Dames (même si le montage photo laisse à désirer…) et enfin Le Saint, pas Val Kilmer mais bien Luis Gerardo Méndez à vous faire déculpabiliser de suivre les régimes végan et végétaliens possibles… il saura vous faire retrouver l’harmonie avec votre corps et la nourriture que même les Anges adorent déguster…

La grande nouveauté est de faire de Bosley non pas un homme mais une organisation à part entière. Il y a plusieurs Bosley car les Drôles de Dames sont devenues une organisation internationale… des Bosley autour du monde dont Djimon Honsou pour la France et l’Allemagne. Enfin un rôle où il a plus de trois mots à prononcer et ne sert pas de faire-valoir comme dans Shazam ! Forcément, cela entraîne aussi l’apparition de Bosley au féminin dont Elizabeth Banks est la digne représentante de ces évolution. On pourrait alors dire que le film prend tous les personnages pour les mettre à l’aune de ce nouveau monde… cependant le scénario est plus malin que de tout mettre au féminin, il envisage juste d’évoquer un monde où l’agence des Anges s’est étendue… et les Anges ont toujours été des femmes.

Évoquons enfin l’humour qui parcourt le film. Si dans les précédentes adaptations filmées, l’humour débridée de Cameron Diaz faisait merveille, ici c’est auprès de tous les personnages que l’humour se fera. On notera ainsi qu’Elizabeth Banks enrichit son scénario de blague sur l’âge où il est question d’un Birdman que seuls les cinéphiles peuvent connaître… car non elle n’évoque pas Michael Keaton. Véritable joute verbale hilarante : pauvre Ben Affleck !

Enfin à la chorégraphie des scènes de combat, s’ajoute la danse : passage obligé et plaisir obligé d’Elizabeth Banks. Elle rappelle d’où elle vient, à savoir Les Pitch Perfect. Du chant, de la danse, des combats, du pur plaisir coupable de fin d’année. Pas besoin de trop réfléchir même si les agents doubles sont légions… et une envie certaine, celle de connaître la suite des aventures de ces trois anges sous la coupe d’Elizabeth Banks. Cependant, les résultats au box-office ne sont pas encourageants et la bande annonce n’est pas des plus engageantes. Mais ces Charlie’s angels sont aussi le sésame nécessaire pour permettre à la scénariste-réalisatrice d’autres productions où elle pourra affiner son humour, ses chorégraphies de scènes d’action et le féminisme à toute épreuve en creusant un sillon : celui de l’union fait la force. Elizabeth Banks écrit, elle réalise, elle met en scène, elle est prête pour la suite mais ce ne sera pas avec les anges car le film est un échec dans le monde. Il a été descendu par les critiques pour son féminisme revendiqué mais les actrices s’amusent et c’est sans doute ça le plus important car après tout, ce n’est que du cinéma.


« Charlie’s Angels est un divertissement suffisamment malin pour que l’on ne s’ennuie pas une seule minute. »


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