Chair de Poule (Critique | 2016) réalisé par Rob Letterman

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Synopsis : “Zach Cooper vient d’emménager dans une petite ville, et il a bien du mal à se faire à sa nouvelle vie… jusqu’à ce qu’il rencontre sa très jolie voisine, Hannah, et se fasse un nouveau pote, Champ. Zach découvre rapidement que la famille d’Hannah est spéciale : l’énigmatique père de la jeune fille n’est autre que R.L. Stine, le célébrissime auteur des bestsellers horrifiques Chair de poule. Plus bizarre encore, les monstres que l’écrivain met en scène dans ses romans existent bel et bien. Stine les garde prisonniers à l’intérieur de ses manuscrits. Mais lorsque les créatures se retrouvent libérées par erreur, Zach, Hannah, Champ et Stine sont les seuls à pouvoir sauver la ville…”

A l’image de sagas littéraires comme Twilight et autres Harry Potter, avant d’être une série télévisée, puis aujourd’hui un film, Chair de Poule a été une collection de livres. Paru entre 1992 et 1997, R.L. Stine a rédigé pas moins de soixante-quatorze histoires fantastiques. Un nombre de livre conséquent, qui a pu facilement donner vie à une série télévisée destinée aux enfants qui aimaient se faire peur. La force de la série Chair de Poule, était de donner vie à des créatures fantastiques, mythologiques pour certaines. Bon nombre de créatures aussi effrayantes qu’hilarantes étaient présentes dans les aventures développées dans la saga Chair de Poule. Les voici maintenant au cinéma dans un film dont le titre n’aurait pas pu être plus évocateur ou simpliste. La collection Chair de Poule ou encore les épisodes qui constituaient la série télévisée s’avèrent être d’une richesse phénoménale. Une richesse, tant en terme d’histoires à conter, qu’en créatures auxquelles il est possible de donner vie. N’écoutant que leur bon vouloir, les producteurs ont préféré faire de ce Chair de Poule un film à part entière, un film qui n’est pas l’adaptation de l’une des histoires rédigées par R.L. Stine.

R.L. Stine est un personnage à part dans le film réalisé par Rob Letterman. Incarné par celui qui a été le temps d’une courte période un excellent acteur de comédies, à savoir Jack BlackR.L. Stine va dans le film Chair de Poule, devoir affronter les créatures qu’il a imaginé. Créer une histoire autour de l’auteur de la saga, comme s’il s’était lui-même mis en scène dans l’un de ses écrits. Aussi farfelue soit-elle, l’idée n’est pas des plus mauvaises. Bien au contraire, si l’on ne choisit pas la voie de la simplicité afin de faire de cette nouvelle histoire, une histoire métaphysique dans laquelle l’auteur à conscience de vivre une de ses histoires et inversement, le long-métrage peu surprendre son public. Ce qui n’est, vous l’imaginez bien, pas du tout la voie choisie par les scénaristes. Ils sont trois à s’être succédé à vouloir mettre au monde ce bébé : Scott AlexanderLarry Karaszeski et Darren Lemke. Trois pour écrire un scénario, dont l’unique et seule trame narrative, repose sur une accumulation de clichés que l’on devrait ne plus voir dans le cinéma de divertissement américain. Partant d’un point A pour arriver à un point B, sans tenter de surprendre le spectateur, Chair de Poule ne convainc à aucun moment.

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Pouvant prétexté d’être divertissant grâce à un enchaînement fluide de séquences, ainsi qu’à une histoire qui se déroule sur un laps de temps réduit (une soirée), il manque cependant quelque chose à ce film. Un élément nécessaire afin de faire croire à l’existence de ces créatures puisque c’est l’objectif du film en les mettant en scène dans un monde réaliste et moderne. Cet élément n’est autre qu’une ambiance et une mise en scène qui ne se reposent pas essentiellement sur la retranscription en bon et due forme du script. En sus d’une mise en scène insipide, dont la prévisibilité fait véritablement mal aux yeux, Chair de Poule ne dispose pas d’un metteur en scène qui a envie d’inculquer sa patte au film. Il est au service du scénario, aussi mauvais soit-il et s’y adapte. Réalisateur du déjà très mauvais Le Voyage de GulliverRob Letterman continu de creuser en usant outre mesure d’effets de mise en scène déjà surexploités dans le cinéma de divertissement hollywoodien. Il se repose uniquement sur ce qui a fonctionné chez d’autres et il y a plusieurs années de ça et ne cherche pas à faire plus. C’est affligeant, mais avec un tel scénario, difficile de réussir à sortir cette comédie d’une tombe préexistante.

Malgré ses nombreux défauts, Chair de Poule est un long-métrage qui pourrait réussir à satisfaire quelques jeunes spectateurs. On y voit des créatures, l’histoire est d’une simplicité aberrante et réussie à inclure une romance. Un des nombreux détails récupérés au panthéon du cinéma hollywoodien de divertissement, mais qui commencent à être de mauvais goût. Cependant, lorsque le titre du film annonce Chair de Poule, ainsi que son lot de créatures, même le jeune public pourrait être rebuté par ce film à l’ambiance désuète et insipide. A cause d’une photographie inexistante et à une mise en scène qui ne cherche pas à mettre les personnages dans des conditions inconfortables afin d’amener cette fameuse chair de poule, Chair de Poule ne réussi jamais à créer une quelconque ambiance. Le film réussi même l’impossible : créer la scène de nuit dans un cimetière la moins effrayante du cinéma. La direction artistique beaucoup trop chatoyante et lumineuse fait en sorte qu’à aucun moment, le film ne va chercher la part d’horreur qui repose en chacun de ses décors. Chacun des éléments techniques concordent afin de faire du film Chair de Poule un simple divertissement sans intérêts et qui en oublie les codes qui faisaient le succès de la saga littéraire et de la série télévisée.


 

En Conclusion :

Prenez l’œuvre de R.L. Stine, un contexte réaliste et moderne, ainsi qu’un réalisateur qui fera ce que le producteur lui dira de faire. Secouez le tout. Insérez le contenu dans un mixeur et vous obtiendrez Chair de Poule. Un film commercial, dont l’objectif est de divertir sans surprendre ni mettre le spectateur face à ses peurs.

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