Brimstone réalisé par Martin Khooloven [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle.
Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Autant le préciser dès le début, ce film n’est pas à mettre devant tous les yeux… mais il ne mérite pas cette interdiction aux moins de 16 ans. Brimstone est certes un film violent dans certaines de ses images. Il est aussi violent dans son propos et j’y reviendrai. Mais il est surtout nécessaire tant le sujet, bien que situé dans l’Amérique du XIXe siècle, reste actuel. Le cinquième film du néerlandais Martin Koolhoven et seulement deuxième film visible en France est d’une maîtrise absolue. Quand je parle de maîtrise, je signifie ainsi que rien n’est laissé au hasard. Et surtout rien n’est à jeter. Aucune scène n’est superflue, chacune trouvant sa justification dans la suivante ou la précédente. Portées par la musique signée de Tom Holkenborg plus connu sous le pseudonyme de Junkie XL, les images sont toutes fortes et portent leur signification très loin. En se basant sur un schéma en forme de chapitres, Martin Koolhoven peut à plusieurs moments reproduire des plans qu’il a montrés plus tôt. En ce sens, cette plongée des hauteurs (le ciel, l’église) signifie clairement la présence divine vengeresse, détestable, toute puissante.

Le jeu tout en retenue de Dakota Fanning face à un Guy Pearce effrayant !

Les thématiques développées sont riches et multiples. Brimstone est à la fois un film sur la religion où elle est montrée sous la forme d’une communauté quelque peu fanatisée par un révérend pervers et sadique (terrifiant Guy Pearce). Une communauté émigrée des Pays-Bas pour les USA où elle vit recluse sous la coupe d’un homme qui s’appuie sur la religion pour imposer ses visions. La violence dans la vision de la femme notamment, est affolante. Elle est soumise, elle doit obéir et elle ne sert qu’à répondre aux besoins des hommes, tous ses besoins. Mais Brimstone est aussi un film féministe. Une femme forte, Liz (portée par l’interprétation impeccable de Dakota Fanning), ose s’interposer et s’opposer au révérend. Mais quels sont ses liens ? Quelles sont leurs relations ? On ne découvre cela qu’au fur et à mesure, à la faveur d’un subtil découpage de l’histoire en quatre chapitres. Le premier, intitulé l’Apocalypse (Révélation en V.O), pose le cadre marquant le retour du révérend auprès de Liz. Un retour pour semer l’apocalypse justement. Puis ensuite, les chapitres 2 et 3 (l’Exode et la Génèse, NDLR) nous expliquent pourquoi Liz a dû fuir… et là où elle a fui. Cette fuite dégradant encore plus l’image de la femme dans ce Far West : obéissance , être aux ordres, répondre présentes aux demandes de l’homme ou de l’époux. Elles sont donc soumises. Et très vite, on comprend que Liz ne souhaite pas se soumettre à cette coupe masculine. Elle comprend qu’elle a le droit à une autre vie. Possible ? Envisageable ? Le dernier chapitre “le châtiment” (la traduction exacte de Retribution) sera-t-il salvateur ou le final funeste de l’histoire ? Ce film nous permet de retrouver Carice Van Houten en mère soumise de la jeune Liz (interprétée par Emilia Jones) et Kit Harrington en hors-la-loi aux abois. Frappé d’une interdiction aux moins de 16 ans, qu’il ne mérite pas, ce film a pour lui outre sa photographie fantastique (superbe travail de Rogier Stoffers), l’avantage d’évoquer la place des femmes au siècle dernier. Ce ne sont que des êtres secondaires, faibles, sans talent avec des échos tellement particuliers dans notre société actuelle. Mais le film embrasse aussi cette vision de la femme selon le prisme de la religion, qui sous couvert des Écritures saintes, permet de justifier les actes commis par le révérend. La religion comme justificatif au nom de Dieu des atrocités commises : abominable.

En résumé, Brimstone est un film maîtrisé et violent où la femme n’est qu’un être inférieur pour les fous de Dieu. N’y a-t-il point de salut ? Il est dans la fuite mais il est n’est pas salutaire. Chacun devra en payer le prix. Glaçant !

Attention le film est interdit aux moins de 16 ans

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