« Bloody Nose, Empty Pockets », le dernier bar avant la fin du monde


Synopsis : « Dans l’ombre des lumières vives de Las Vegas, sonne le dernier appel d’un bar de quartier affectueusement connu sous le nom de Roaring 20s. Prémices d’une histoire où la réalité semble aussi irréelle que le monde extérieur duquel les habitués du bar s’échappent. Bloody Nose, Empty Pockets est une mosaïque de vies disparates, où chacun vacille entre dignité et débauche, se remémore son passé face à un avenir incertain, et continue de chanter tandis que sombre le navire. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument… tu allumes ton ordinateur, tu cliques sur ton navigateur préféré et écris : Champs Elysée Film Festival. Il te reste à t’identifier, puis s’ouvre à toi, du 09 au 16 juin 2020, une grille de programmes regroupant courts et longs métrages indépendants en provenance de France et des États-Unis.
Bon cinéma de chez toi !

La fumée des cigarettes roulées avec du vieux tabac, les couleurs vives des néons poussiéreux et les quelques visages familiers, les premières images de Bloody Nose, Empty Pockets sont comme une illustration parfaite d’une Amérique fantasmée. Le documentaire réalisé par les frères Ross, Bill et Turner, nous plonge dans les dernières heures d’un bar de Las Vegas. Bien loin des casinos, des spectacles joués à guichet fermés et des débordements en tous genres, le Roaring 20s est le dernier édifice d’un temps perdu. Celui où les jukebox grondaient les sons du King et où les habitués n’avaient pas une ride. Dans un entre deux emblématique des Etats-Unis où les traditions et la modernité se croisent sans cesse, le documentaire explore un espace ancien empreint d’une mélancolie débordante.

Les personnages, pourtant bien réels, semblent jouer leur propre rôle alternant entre regards profonds et anecdotes personnelles. Comme une pièce de théâtre bien ficelée, tout semble être à sa place, éternellement à sa place. Avec ce documentaire les frères Ross filment, avec une grande intimité et une vraie part de bienveillance, la fin de vie d’un bar de quartier mais aussi la fin d’une ère où les grandes enseignes remplacent peu à peu les indépendantes. Eux, les réalisateurs les plus discrets du cinéma indépendant américain, récompensés dans des festivals où le cinéma fait avec une caméra à la main et la proximité qu’elle permet, celui là même menacé par les grands studios, ne seraient-ils pas en train de filmer la fin d’une ère cinématographique ?

C’est un peu à la manière d’un Tarantino qui filme le cinéma américain passé dans son Once Upon A Time in Hollywood ou à celle d’un Scorsese qui filme avec mélancolie la fin de vie de ses mafieux dans The Irishman, que Bill et Tuner Ross fabriquent Bloody Nose, Empty Pockets : en gravant dans les esprits des lieux et des personnages qui sont à l’origine de bien des images fantasmées de l’Amérique. Si le Roaring 20s a passé son dernier disque, servi sa dernière mousse et baissé le rideau de fer, espérons que l’avenir du cinéma indépendant américain soit à l’image de leur documentaire : brillant.


Aucune date de sortie de fixée pour le moment

« Si le Roaring 20s a passé son dernier disque, servi sa dernière mousse et baissé le rideau de fer, espérons que l’avenir du cinéma indépendant américain soit à l’image de leur documentaire : brillant »


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *