Babysitting [Critique]

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“Faute de baby-sitter pour le week-end, Marc Schaudel confie son fils Remy à Franck, son employé, “un type sérieux” selon lui. Sauf que Franck a 30 ans ce soir et que Rémy est un sale gosse capricieux. Au petit matin, Marc et sa femme Claire sont réveillés par un appel de la police. Rémy et Franck ont disparu ! Au milieu de leur maison saccagée, la police a retrouvé une caméra. Marc et Claire découvrent hallucinés les images tournées pendant la soirée.”

“Ce n’est pas exceptionnel, mais qu’est-ce que c’est bon !”

Navet grotesque et vulgaire, Projet X est malheureusement un film que l’on cite beaucoup trop lorsqu’on souhaite parler d’une comédie usant d’une réalisation dite “found-footage”. Jusqu’à aujourd’hui, le found-footage n’aura pas été utilisé comme il se doit dans un registre comique, mais ça, c’était avant. Mélangeant astucieusement réalisation “classique” et found-footage, BabySitting est la comédie inattendue de cette première moitié de 2014, qui nous fera oublier ce beau navet américain. Durant moins d’une heure trente, nous allons suivre les péripéties de Franck, simple réceptionniste d’une maison d’édition, dont la vie va basculer le soir de ces trente ans alors qu’il fait du Babysitting afin de progresser dans la hiérarchie de cette maison d’édition. À cause d’amis aimant profiter de la moindre occasion pour faire la fête, ce weekend babysitting ne va pas se déroulé comme prévu et va s’en suivre une succession de péripéties qui vont être découvertes via une caméra retrouvée sur place par les propriétaires de la maison, accompagnés de deux inspecteurs de police. Scénaristiquement parlant, Babysitting n’est pas un film qui va vous émouvoir aux larmes ou qui va vous faire sursauter sur votre fauteuil.

Babysitting est un film de potes, mais c’est surtout une comédie qui s’assume et qui assume le fait de reposer intégralement sur une simple soirée qui va dégénérer. Le fait que ce film assume ce qu’il est vraiment est très important, car le spectateur le ressent à travers les acteurs et leur façon de transmettre le rire. Pour avoir un bon film de potes, il faut avant tout des acteurs qui se connaissent et qui aiment rire ensemble. Oui, ça peut paraître con, mais si les acteurs ne s’entendent pas ou ne se connaissent pas, le rire ne sera pas communicatif et le spectateur n’arrivera pas à s’immerger pleinement dans l’action. Réalisé, écrit et interprété par Philippe Lacheau, ce dernier ne vous dit peut-être rien, mais il a participé à plusieurs émissions de télévision comme émissions de radio. Depuis 2004, ce dernier est le “leader” du groupe La Bande à Fifi. Autour de lui, l’on retrouve Reem Kherici, Tarek Boudali, Julien Arruti, Pascal Boisson. Ces derniers ont notamment participé au Grand Journal, émission où ils jouaient un sketch par soir ou encore sur W9, dans le programme Chut Chut Chut. Ils ont également été sur scène, au Splendid, dans la pièce Qui a tué le mort ?, produite par Dominique Farrugia. Vous l’aurez compris, il s’agit d’une vraie bande de potes et depuis l’année dernière, ils se retrouvent au cinéma dans leurs propres réalisations. Philippe Lacheau et Tarek Boudali ont été aperçus dans le film Paris à Tout Prix réalisé par Reem Kherici et maintenant, c’est au tour de Tarek Boudali et Julien Arruti de jouer dans le film réalisé par Philippe Lacheau, Babysitting (Reem Kherici étant retenue par la promotion de son film Paris à Tout Prix, durant le tournage de Babysitting).

Si le film Babysitting et son humour fonctionnent aussi bien, c’est en grande partie grâce à ce casting. Les trois acteurs principaux se connaissaient en amont du tournage, ce qui a directement mis en place une harmonie de groupe et il ne fût pas difficile pour les nouveaux de rejoindre cette bande. Que ce soit Alice David, Vincent Desagnat ou Grégoire Ludig et David Marsais du PalmaShow, ils forment à eux sept une troupe d’humoristes qui portent le film et emportent le spectateur dans un fou rire contagieux. Pouvant être expliqué comme étant un Projet X à la française, Babysitting serait plus aisément le Very Bad Trip français. Faux film à la réalisation found-footage, Babysitting se sert de ce genre pour créer l’humour et faire (re)vivre des évènements à ceux qui ne l’auront pas déjà vécu en amont. Doté d’une réalisation qui alterne entre le traditionnel et le found-footage, il est intéressant de voir que le montage ne joue pas un élément majeur dans ce film pour créer la dynamique, à l’inverse de la caméra puisque ce sont les mouvements de celle-ci qui créeront le dynamisme du film. Le montage est seulement présent pour mettre en place des temps morts enter deux gags et faire un retour sur les personnages présents en train de visionner les vidéos. Ce qui nous permet de voir leurs réactions et de rire encore et toujours. Sans être exceptionnel dans sa réalisation, Philippe Lacheau et Nicolas Benamou s’en sortent avec les honneurs durant les phases de found-footage. Directive et centré sur l’action, la caméra est suffisamment stable pour permettre aux spectateurs d’apprécier la scène tout en centralisant son regard sur les visages des acteurs censés provoquer le rire. Le tout, sans donner envie aux spectateurs de régurgiter son repas, ce qui n’est pas un mal.

Véritablement hilarant du début à la fin si on va voir le film dans l’optique de s’amuser, Babysitting est un film qui plaira aux plus jeunes, mais également à un public beaucoup plus large. Alors que les 40/60 ans rigoleront des blagues ou autres situations invraisemblables dans lesquels se mettent les personnages, les 20/35 ans rigoleront grâce à des références qui leur parleront. Astucieux dans son humour, Babysitting est un film qui ne vise pas un public en particulier, mais parlera à tout le monde et surtout réussira à faire rire tout le monde que ce soit durant 5 minutes ou 1h30. Malgré son scénario limité, Babysitting est un film qui surprend, car il emporte le spectateur sans le laissé s’ennuyer grâce à des répliques hilarantes et des gags rarement téléphonés et fort bien amenés. Le film est d’une fluidité remarquable, nous prouvant bel et bien que l’on fait face à une bande de potes qui s’amusent en soirée, plus qu’à un film scripté. Un gag en amène un autre et le tout se déroule de cette façon jusqu’au plan final. Si le film a reçu le Prix du Public au Festival International du Film de Comédie de l’Alpe d’Huez 2014, ce n’est pas pour rien. On passe un excellent moment et le fan de La Bande à Fifi qui sommeil en moi est comblé, parce que ce n’est pas exceptionnel, mais qu’est-ce que c’est bon !

4/5

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4 commentaires sur “Babysitting [Critique]

  1. Je me suis bien amusé en voyant ce film sympathique. Cela étant, il n’a rien inventé puisqu’il ne propose ni plus ni moins qu’un mélange de Very Bad Trip et de Project X.

    A noter qu’une scène est d’ailleurs complètement pompée sur Project X (le fauteuil et les ballons).

    J’avais au passage trouvé Project X très sympa pour ma part…

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