Aquaman réalisé par James Wan [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : «Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Il sera le roi des Sept Mers ! Mais avant de le voir régner, contons ses origines. Voici Aquaman. Dernier né des studios Warner Bros. provenant de l’univers DC Comics, le héros mi-homme, mi-poisson (il respire sous l’eau tout de même) n’avait pas encore eu droit à son son film en solo. Apparu dans le film Justice League, Arthur Curry prend enfin toute sa dimension… (on passera sur les deux autres super-héros découverts dans ce Justice LeagueCyborg et The Flash qui attendent sagement leur tour dans le placard). Pour cette “origin story”, il fallait du sang neuf. Après avoir fait appel à Patty Jenkins pour créer le mythe Wonder Woman avec un succès international reconnu et mérité, Warner Bros. fait appel aux talents du cinéaste James Wan.

Un réalisateur de films d’horreur et d’action pour proposer la première apparition solo du héros aquatique ? Après tout, l’idée est intéressante. Le réalisateur américain maîtrise le sens du rythme (Fast & Furious 7) et de l’angoisse avec juste ce qu’il faut de poussée d’adrénaline et de peur (The Conjuring notamment). Du sang neuf dans la saga après les épisodes réalisés par Zack Snyder et Joss Whedon. Une envie surtout d’apporter de la folie à la noirceur dans laquelle Zack Snyder a plongé les Watchmen, le Man of Steel et Batman… maintenant faut-il tout révolutionner pour accueillir un nouveau public ? La question se pose. Les visions du cinéaste précédemment cité n’ont pas apporté le succès escompté au box-office pour les super-héros de chez DC Comics alors que du côté de chez Marvel, on caracole en tête des sorties avec des recettes mondiales que l’on cumule à plusieurs milliards de dollars aujourd’hui.

Le public aurait-il “enfin” marre des super-héros ? Serait-il incapable d’apprécier la philosophie et la réflexion autour des super-héros ? Le cas Wonder Woman est désormais un cas d’école : en ajoutant du fun, des répliques humoristiques et un peu de naïveté aux personnages de chez DC, la Warner a réussi à renouveler le genre. Pourtant, il faut bien le reconnaître : si Superman reste dans l’imaginaire collectif, un personnage sympathique associé à l’humour de Lex Luthor (version Richard Donner bien entendu), Batman est sombre, seul et mutique. Christopher Nolan a réussi à recréer le héros pour l’amener où Tim Burton souhaitait l’emmener : à savoir que les méchants sont parfois plus intéressants que les gentils. Le Joker restera un méchant iconique dans l’univers des super-héros toute écurie confondue.

Aquaman est à l’opposé :  fun, drôle, délirant. Tout ce que Wonder Woman est, le film réalisé par James Wan le pousse un peu plus encore vers la folie et l’humour. Le spectateur ne pourra que passer un bon moment, mais… mais voilà, c’est creux, c’est plat et prévisible au possible. On a déjà connu des “origins stories” plus inspirées. La faute à qui ou à quoi ? Au réalisateur ? Non James Wan applique les recettes de Fast & Furious pour réussir un film d’action dont les effets spéciaux réussis trop sont par moment nombreux et brouillent le signal. Ça castagne, ça se bastonne, ça tire dans tous les sens, mais à la fin il ne reste rien. Même le super-méchant, Black Manta, est risible tant son costume ressemble à celui d’une grosse mouche ridicule.

Le casting serait-il trop faible ? Le duo Jason Momoa – Amber Heard fonctionne à la perfection même si la palme revient au premier. En roi des Sept Mers qui ne veut pas de son trône, l’acteur apporte une fantaisie bienvenue. Et s’il peut sembler par moment “bas du front”, ne vous fiez pas à cette image du héros musclé sans cervelle, au contraire, Aquaman sait parfaitement ce qu’il fait. Mais le reste du casting n’est pas à l’avenant. Nicole Kidman est prévisible, a la larme facile et une seule expression figée sur le visage. Willem Dafoe impeccable rejoue pourtant son rôle habituel de traître. Patrick Wilson est peu crédible en roi blond peroxydé, style drama-queen qui surjoue au maximum ! Et cela dessert le film complètement. Pourtant, tout n’est pas une catastrophe, loin de là. Mais il manque à Aquaman, un scénario qui aurait pu oser la naïveté et l’humour de Wonder Woman associé à la réflexion propre au cinéaste Zack Snyder. Au point que le film est vite oublié et totalement oubliable, mais il risque de cartonner de par le monde.

La Warner oublie tout ce qu’elle a créé pour un scénario riquiqui. Le studio ne soigne pas toujours les images et les effets spéciaux. Ajoutons une musique omniprésente qui couvre les dialogues ou ajoute aux explosions finales, genre habituel de toute production de super-héros qui se respectent. Sans doute est-il temps de comprendre que le final ne doit pas obligatoirement être un feu d’artifice où tout doit être détruit pour que le monde soit sauvé !

Et pourtant le départ est solide, l’humour est présent, saupoudré convenablement, mais quand Arthur devient l’adulte qui devra conquérir son trône pour que les mondes de la Terre et des océans vivent en harmonie, cela coince. Et face à lui, seul le Karathen semble effrayant tant Patrick Wilson (son demi-frère, le roi Orm) et Yahya Abdul-Mateen II (en Black Manta) sont risibles et peu crédibles. Non Aquaman ne doit pas devenir un space-opera ridicule. En clair, cette première incursion en solo de Jason Momoa (qui sauve les meubles) est sympathique. Mais Aquaman aurait pu être tellement meilleur sauf que le film est juste sympa sans plus. Pourtant, ce n’est pas énervant, car tout l’argent du budget se voit sur le grand écran, parce que le son fait vibrer les fauteuils (sauf quand la musique prend le pas sur l’action), mais le scénario aurait mérité d’être plus fouillé pour éviter le simple parcours d’un homme à la recherche de ses origines pour unifier les 7 mers. On attendra pourtant la suite, car Jason Momoa est éminemment sympathique !


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