American Hero (Critique | 2016) réalisé par Nick Love

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Synopsis : “Melvin est super-héros malgré lui. La trentaine bien entamée, il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon pour lui de revoir son fils, que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin, et d’exploiter ses super pouvoirs pour lutter contre le crime. Mais dans un monde dans lequel personne ne comprend ni sa situation, ni d’où il tient ses incroyables pouvoirs, ces derniers pourraient bien causer sa perte…”

American Hero est le premier film sur grand écran de Nick Love, habitué aux DTV passés inaperçus. Pour son premier film au cinéma Nick Love semble surfer sur la vague populaire des super héros qui envahissent nos écrans chaque semaine ou presque. American Hero annoncé comme une sorte d’Hancock nouvelle génération sort dans les salles françaises le 8 juin.

American Hero c’est l’histoire de Melvin (Stephen Dorff), un antihéros, looser de compétition, mais père attentionné même si maladroit. Dans American Hero, Melvin ne se cache pas, tous connaissent ses pouvoirs, on comprend qui il est à travers les témoignages des habitants de La Nouvelle-Orléans qu’il a sauvé pendant l’ouragan Katrina. En choisissant un format hybride entre le documentaire, le reportage et la fiction fantastique, Nick Love rend son personnage plus authentique, attachant et impressionnant.

Le premier acte se focalise sur le quotidien de Melvin, ses problèmes de drogues, sa vie dans la pauvreté, l’utilisation qu’il fait de ses pouvoirs pour se faire de l’argent via des petits larcins. Tout ce premier acte dresse le portrait d’un antihéros, agaçant et attachant, un personnage complexe qui peut la veille se prendre une grosse cuite puis allé à l’église et chanter avec les chanteuses de gospel. Melvin est le super héros le plus humain, avec ses mauvaises habitudes. Comme tout personnage Melvin est bien entouré avec notamment Lucille, son meilleur ami en fauteuil roulant. Ce dernier est à la fois un mentor qui l’entraînera et un partenaire pour ses petits tours de magie qu’il réalise au centre-ville. Un personnage qui apporte une grande part d’humour au film.

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Niveau technique ce premier acte pause les bases de ce format hybride qui sort parfois le spectateur du film. Certains plans sont très recherchés à l’image d’un long métrage de fiction somme toute lambda, alors que d’autre prennent la forme de plans d’interview avec des regards caméra et tout ce qui va avec. Un format “bâtard”, proche du “Mockumentary” qui, bien qu’intéressant, fait sortir du film trop souvent pour être complètement réussi. Le film n’obéit pas à un genre en particulier, mais le deuxième acte est clairement un cas “d’Underdog Story”. Le antihéros au fond du gouffre qui, motivé ici par la sécurité de son fils, va s’entraîner se surmener pour affronter l’opposant. L’Antagoniste qui ici est presque invisible tout du long, transparent et sans charisme. L’entraînement, assez drôle et réussi, est réalisé en calquant des séquences de films de boxe cultes en remplaçant les sacs de frappes par des carcasses de voiture que Melvin s’entraîne à faire voler en éclat. L’opposition face à l’ennemi de Melvin est mise en scène dans une séquence d’action impressionnante qui exploite les effets spéciaux à bon escient. Il y a un nombre conséquent d’effets spéciaux tout au long du film, que ce soit dans les scènes d’action ou pour renforcer l’image surnaturelle de Melvin, ils sont à chaque fois très réussis. L’utilisation des pouvoirs de Melvin n’est pas toujours utile, mais Nick Love se fait plaisir et offre quelques séquences bien sympas.

Pour rester dans la technique et la post-prod : on ressent quelques problèmes de montage tout du long. Que ce soit des faux raccords ou encore des coupes pas forcements très propres. Ça fait partie des défauts qui font sortir le spectateur du film une fois de plus, tout en restant tout de même minime. La plupart des plans comme le format du film n’obéissent pas aux règles cinématographiques. Des plans décadrés, qui n’obéissent pas aux règles du cadrage classique qui sont pourtant très beaux agrémentent le film tout du long. De plus, le jeu des acteurs est bluffant. Ils occupent l’espace et rajoute de leur personne. La bande originale, très variée rajoute de la positivé à ce long-métrage frais et varié. Scénaristiquement c’est au contraire, beaucoup plus classique et assez vide. Melvin évolue sans pour autant avoir une prise de conscience énorme. Ses choix sont toutefois logiques et en adéquation avec le personnage dépeint. Le troisième acte rattrape un deuxième acte plutôt mou malgré une grosse scène de baston. Le climax n’en est pas réellement un, trop minime pour avoir l’effet escompté. Le happy end final est moralisateur sans pour autant forcer, une fin assez agréable, ouverte qui laisse la place à beaucoup de questions sur l’avenir de ce personnage hors du commun.


En Conclusion :

American Hero est en grande partie une réussite. Après une poignée de film plutôt mauvais, Nick Love arrive à se relever et réaliser un film, qui comme Super, surfe sur la vague tendance des films super-héroïques estampillés Marvel/DC tout en les détournant et en amenant un produit frais, en opposition avec les codes préétablis pour les films de justiciers masqués. Ses personnages, ses effets spéciaux, l’implantation du personnage dans un contexte réel, font de ce American Hero un film intéressant et réussi.

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