Personal Shopper réalisé par Olivier Assayas [Sortie de Séance Cinéma]

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Synopsis : “Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité.
C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu.
Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Alors, il y a des séances qui vous marquent l’esprit. Des séances particulières par rapport aux personnes avec qui vous y avez été, par rapport à un engouement tout particulier autour d’un film. Les raisons peuvent être multiples et il y en a une qui s’avère être plus étonnante que les autres. Personal Shopper en fait partie. Personal Shopper fait partie de la catégorie de films que l’on se souvient avoir vus et dans quelles conditions. Non pas parce que le film nous a éblouis et captivé de son premier à son dernier plan, mais parce qu’il a redéfini la définition du terme ennui pendant 1h45 de son temps. Après la fulgurance inattendue Sils Maria, film absolument magnifique qui portait à croire qu’Olivier Assayas avait changé, Personal Shopper nous fait redescendre sur Terre. Critiqué lors de sa présentation au Festival de Cannes 2016, mais auréolé du Prix de la Mise en Scène, la nouvelle œuvre du réalisateur français partait d’une bonne intention : faire une corrélation entre la modernité de notre société, le monde de la mode et les fantômes. Le blanc, la symbolique de cette couleur et le vide, tant métaphorique que métaphysique, relient ces trois mondes que tout semble opposer. User d’univers et de décors inhabituels pour faire un film de genre et créer une ambiance. Des murs blancs immaculés de décors luxueux, jusqu’aux grandes bâtisses abandonnées. Tout est réuni pour offrir de belles séquences d’apparitions angoissantes. L’une d’entre elles captive grâce à une direction de la photographie soignée et à une mise en scène inspirée (apparitions joliment mises en scène et sans effets sonores hollywoodiens entre autres). Mais elle est bien la seule.

À l’instar d’un Somewhere, Personal Shopper est un film contemplatif et à concept qui tient de l’expérimentation. Sauf qu’au travers de son œuvre, Sofia Coppola exposait une idée aux spectateurs et cherchait à faire ressentir des émotions similaires aux acteurs, personnages et spectateurs. Mis à part une scène d’apparition intéressante dans son travail visuel et sonore, Personal Shopper ne fait que survoler son concept et propose aux spectateurs de suivre les pérégrinations d’un personnage émotionnellement fade, vide et insipide. Suivre et regarder un personnage inintéressant prendre le train et envoyer des messages pendant une heure permet au spectateur de se remettre en question. Il se demande dans un premier temps qui est l’interlocuteur, puis, ayant compris où le cinéaste allait en venir, le spectateur va rapidement se demander s’il ne vaudrait pas mieux sortir de la salle sans plus attendre. Les plans sont longs, le rythme est lent… aucun élément, aussi bien technique que scénaristique, ne permet au spectateur de rester attentif. Le scénario indigeste, ne fait qu’exposer les mondes immaculés et insipides, car embourgeoisés et fermés, de la mode et de la luxure aux spectateurs. Sans oublier l’utilisation de la technologie pour communiquer entre les mondes. Ils les survolent et ne les exploitent à bon escient à aucun moment et n’aboutis sur rien, laissant des personnages tout aussi inertes et vides de pensées déambulés tels des fantômes. Personnages antipathiques à souhait – Kristen Stewart la première, mais qui n’y peut absolument rien – caractérisés à l’image d’un artiste peintre qui mettrait du blanc sur du blanc. Un concept me direz-vous, mais à choisir autant regarder un tableau de Kasimir Malevitch pendant deux heures, au moins c’est bon pour la culture générale. Personal Shopper est œuvre au concept intéressant,  aux idées intéressantes et qui visuellement s’avère jolie, mais qui ne raconte rien, ne fait que survoler et exposer ses idées scénaristiques sans chercher à impliquer le spectateur ou créer de tension. A la fin de la projection, le spectateur ressemble à n’importe quel personnage du film, ressemble à un être dénué d’émotion, littéralement lobotomisé.

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[ctt template=”5″ link=”Aec1T” via=”yes” ]”Alors T’as Aimé ?” | Olivier Assayas lobotomise le spectateur et redéfini le terme ennui avec #PersonalShopper. via @CineCinephile[/ctt]


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