Alien : Covenant réalisé par Ridley Scott [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Ah la fameuse suite des aventures de notre bébête qui se découvre tel un œuf Kinder. Et il n’est pas peu dire que Ridley Scott est attendu au tournant après la déception Prometheus. Pour mémoire, rappelons que le précédent film de la saga était censé nous expliquer pourquoi les Aliens étaient là, comment ils arrivaient à envahir le vaisseau spatial et notamment, atterrir dans le Nostromo. Las, rien de tout cela : une espèce de fable philosophique incomplète, absconse et obtuse allant jusqu’à l’incompréhensible coupe de cheveux de Michael Fassbender en blond ! Forcément, les premiers échos sont peu flatteurs, estimant que Ridley a perdu le mojo… trop vieux, trop plat. On va donc laisser tomber le point de l’âge pour se concentrer clairement sur le film. Ridley Scott, c’est donc le premier Alien, c’est le sublime Gladiator et l’unique et cultissime : Blade Runner. Et à un moment, il faut peut-être vouloir arrêter de tenter de prouver que l’on a encore du génie et du talent. Ridley n’a plus à le faire, mais sans doute est-ce qu’il a encore quelque chose à se prouver ou est-il sous la coupe des studios ? Voire finalement, est-il en colère de se voir déposséder de ses bébés : on parle d’un Alien 5 par Neill Blomkamp ou encore la suite de Blade Runner par Denis Villeneuve. Si ce dernier film fera les beaux jours du cinéma, pour le cinquième film Alien, il faut attendre la fin du prequel de la saga. Donc, autant s’installer en salles et profiter du spectacle.

David ou Walter ? Qui est cet androïde si familier ?

Le positif est que l’on retrouve l’univers que l’on connaît bien : un vaisseau qui dérive dans l’espace pour partir à la découverte d’une planète habitable suite à une avarie mécanique. Une femme forte (Katherine Waterston impeccable, mais pas suffisamment forte pour faire oublier Sigourney Weaver), un équipage qui n’aurait pas dû s’aventurer là. Des décors silencieux, des petits œufs qu’il ne faut pas éclater, car ils laissent s’échapper cette fameuse poudre noire qui va entraîner la naissance de l’Alien… au passage de façon différente pour une fois. Et si les frissons sont là, si la peur pointe le bout de son nez, si les effets spéciaux, la folie sont présents et les décors sont magnifiques, il manque quelque chose. Et ce manque est tout simple : la nouveauté ! Alors oui, on retrouve Michael Fassbender en double rôle : Walter l’androïde programmé pour sauver et David qui revient en androïde duplice… mais voilà, c’est tout ! On a déjà tout vu : la naissance des Aliens, leur procréation (si je puis dire), l’angoisse qui pousse au petit jeu de l’élimination les uns après les autres. Et puis, l’œuf qui explose en pleine tête, la course poursuite pour s’enfuir de la planète loin d’être amicale. Et enfin, pour conclure le final dans le vaisseau avec cette sensation que la bébête (le xénomorphe… c’est ainsi qu’on le baptise à avoir la forme que l’on déteste) est présente dans les moindres recoins même sous la douche (ah cette scène de la douche tellement ridicule). Vous comprenez que l’on ne passe pas un mauvais moment devant cet Alien Covenant, mais tout est vu, revu et peu corrigé. Si on ce Alien Covenant apporte quelques réponses aux questions philosophiques posées par le scénario de Prometheus, le film n’apporte rien de plus. Les motivations de David sont plus ou moins claires et explicites, mais pourquoi ces Anciens ne livrent-ils pas leurs secrets ? Pourquoi la forme de l’Alien peut-elle être liée à ces spores noires ? Encore quelques questions en suspens, mais Ridley Scott s’en moque comme de sa dernière chemise (mais au fait, porte-t-il des chemises ?). Le but pour lui n’est plus de faire comprendre, mais bien de recycler les vieilles recettes vues dans tous les épisodes réalisés antérieurement, quitte à ne plus chercher à satisfaire le spectateur, le fan, mais juste sa propre personne. Il a créé un mythe, pourquoi aurait-il besoin de tout dévoiler désormais ? En effet, les Aliens se suffisent à eux-mêmes et les différents plans stressants et angoissants fonctionnent. Donc, pourquoi faire plus quand on peut rester dans sa zone de confort et recycler ce qui a toujours bien marché depuis le début ? Dommage…

En résumé, si l’histoire tient, c’est parce qu’elle explique les lacunes de Prometheus au point de rendre le scénario prévisible et les moments de terreur basiques puisque Ridley Scott recycle les astuces pour terrifier (un peu). Après c’est visuellement parfait, mais si le film se laisse regarder, cela n’explique pas la nécessité d’un troisième long-métrage. Reste encore le jeu de Michael Fassbender en double duplice gâché par une succession de scènes si prévisibles. Sympathique sans plus, car il y a eu mieux avant : tout simplement.

Pour rappel, ce film est interdit aux moins de 12 ans

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