Albert à L'Ouest [Critique]

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“La couardise d’Albert au cours d’une fusillade donne à sa fiancée volage la bonne excuse pour le quitter et partir avec un autre. Une belle et mystérieuse inconnue arrive alors en ville et aide le pauvre Albert à enfin trouver du courage. Des sentiments s’immiscent entre ces deux nouveaux alliés, jusqu’au jour où le mari de la belle, un hors-la-loi célèbre, découvre le pot-aux-roses, et n’a plus qu’une idée en tête : se venger. Albert aura-t-il le courage nécessaire pour venir à bout du bandit ?”

Grande star aux États-Unis, Seth MacFarlane a gagné en notoriété en septembre 2012 grâce à la sortie de son premier long-métrage : Ted. Comédie culottée et déjantée, dans laquelle le spectateur américain retrouvait toute la folie du showrunner MacFarlane, c’est ce film qui a permis, aux spectateurs français comme d’autres, de découvrir ce showrunner MacFarlane. Créateur de séries animées qui ont fait le tour du monde pour leur humour  vulgaire et leur volonté de repousser sans cesse les limites de l’humour, les spectateurs du monde entier peuvent dorénavant mettre un nom et un visage sur ces séries animées que sont American Dad et Les Griffin. Seth MacFarlane est maintenant mondialement reconnu pour son talent d’humoriste qui joue à la fois sur la vulgarité comme sur le second degré pour faire rire un public cible. La véritable force de MacFarlane est son insolence. Proche du petit con auquel on souhaiterait mettre une gifle, Seth MacFarlane réussirait à nous faire les yeux du chat poté pour réussir à nous amadouer pour mieux nous insulter dans notre dos. C’est cette insolence et cette volonté de toujours repousser les limites de l’humour qui en font un humoriste hors pair et talentueux.

Avec Ted, le créateur des Griffin réussissait le coup du siècle en reprenant le concept du “TeddyBear” tout mignon, en lui collant sur le front l’étiquette MacFarlane, l’étiquette du petit con insolent. Un ourson qui insulte à tout va, qui se drogue chaque jour et dont les différentes blagues proposent chacune une ou plusieurs connotations sexuelles, on ne peut qu’adhérer et trouver ça drôle durant au minimum trente petites minutes ou le temps du film si on fait partie du public cible. Ce public cible qui a tant réussi à Seth MacFarlane lors de la sortie de Ted dans les salles et qui possède majoritairement entre 16 et 30 ans avait répondu présent pour Ted, mais étrangement, il ne semble pas répondre présent pour le nouveau show made in MacFarlane : A Million Ways to Die in the West, traduit officiellement en français par Albert à l’Ouest. Oui, nous français on possède de l’humour, mais parfois il est tellement proche du sol qu’on ne le comprend pas. Tout ça pour dire que A Million Ways to Die in the West a seulement réussi à rentabilisé son budget de 40 millions de dollars aux États-Unis, ce qui paraît pauvre lorsqu’on sait que Ted avait rapporté plus de 200 millions.

Ce léger flop sur le territoire américain est dû à une promotion pas assez originale ou à des réactions trop médiocres pour attirer son public ? Les deux solutions sont envisageables, mais il en reste que Albert à L’Ouest est une comédie honorable là on s’attendait à une mauvaise parodie dans la lignée des Direct-to-Video indigestes que l’on voit débarquer chaque année. Il est facile de faire une ouverture de long-métrage sur des plans larges et aériens sur les fameux paysages de Monument Valley, mais pour une parodie de Western, c’était nécessaire. Malgré une photographie pas toujours convaincante et des choix de cadres discutables, Albert à L’Ouest se sert astucieusement de la typologie de lieux, bien connus de l’âge d’or du Western. De John Ford à Sergio Leone en passant par John Sturges, tous ces réalisateurs ont connu la gloire grâce à ce genre et Seth MacFarlane leur rend un beau petit hommage avec cette comédie honnête qui regorge de clins d’œil et d’auto-congratulation. Seth MacFarlane a sa fierté et avec ce second long-métrage, il ne manque pas de nous le faire comprendre. Entre références directe ou indirecte à des classiques du genre, caméo d’acteurs célèbres (assez savoureux, même pas par moment discutables) et références directes à son précédent long-métrage, Seth MacFarlane ne se le cache pas et il est fier de lui et de ce qu’il fait ou a fait. Toutes ses références et autres détails ne servent pas foncièrement le récit, dont le fil conducteur est sans grand intérêt, car prévisible et sans originalité, mais ils permettent tout de même à la conservation du sourire chez le spectateur. Grâce à cela, le spectateur discerne la volonté première du réalisateur, qui est de faire une parodie et non pas une comédie originale.

Seth MacFarlane se sert de références et de clichés, provenant du western comme du film “moderne”, pour réaliser une parodie intemporelle. Les deux générations s’opposent et nous offre des séquences comiques assez drôles, car permettant au scénariste de mettre sur papier des confrontations et dialogues plus improbables les uns que les autres. D’un côté on a une histoire d’amour et de l’autre une petite copine avare. D’un côté on a le meilleur tireur de l’ouest et de l’autre un éleveur de moutons qui ne sait pas tenir un colt et qui parle beaucoup trop. Néanmoins, pour trouver une scène marquante il faudra se lever de bonne heure, car même si le spectacle humoristique est au rendez-vous, le film sera vite oublié. Alors que Seth MacFarlane manque de charisme, mais compense ce manque par un débit de parole impressionnant et une intonation millimétrée permettant au ressort comique de chaque mot ou phrase de se mettre en place de façon remarquable, Liam Neeson et Charlize Theron s’amusent à faire de leurs rôles des caricatures convenables, même si manquantes d’inventivité et de surprise. On retiendra surtout la prestation de Neil Patrick Harris qui fait du Barney Stinson à chaque apparition et tout amateur de la série How I Met Your Mother appréciera. Porté par une bande sonore qui nous ramène également à l’âge d’or des westerns sans pour autant espérer en égaler la moindre, A Million Ways to Die in the West est une parodie de western honorable qui a le mérite de faire rire et de réussir à maintenir le sourire chez le spectateur durant les presque 2 heures de spectacles et ça, c’est appréciable. Malgré un fil conducteur prévisible, un épilogue qui manque de créativité et un penchant trop important pour la blague “pipi/caca”, les dialogues et différentes mises en situation comique sont réussies et permettent aux acteurs de faire leur show, de s’amuser et de nous amuser par la même occasion.

3/5

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