Akira 4K, la révolution est en marche

Synopsis : « Tetsuo, un adolescent ayant vécu une enfance difficile, est la victime d’expériences visant à développer les capacités psychiques qui dorment en chacun de nous. Ainsi doté d’une puissance que lui même ne peut imaginer, Tetsuo décide de partir en guerre contre le monde qui l’a opprimé. Dès lors, Il se retrouve au cœur d’une légende populaire qui annonce le retour prochain d’Akira, un enfant aux pouvoirs extra-ordinaires censé délivrer Tokyo du chaos… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

La colère et les manifestations s’intensifient. Les forces de l’ordre ripostent en tirant à bout portant des grenades lacrymogènes sur les civils, les arrestations pleuvent. Dans un bureau aux sièges confortables, les puissants se réunissent pour organiser les Jeux Olympiques, aveugles à la détresse des laissés pour compte de la crise. La jeunesse dont le futur parait bien sombre, ne compte que sur elle-même et vit au jour le jour dans le marasme de la criminalité. Un excentrique porté par la foule prophétise la fin du monde en 2020.

Le Neo-Tokyo de Katsuhiro Otomo n’a rien perdu de son actualité. Ressorti au Japon en avril alors que les JO sont repoussés faute de pandémie, il atteint enfin nos cinémas cet été dans son plus bel apparat. Même si certains cinémas qui l’ont programmé le diffuseront en VF un après midi, pensant à tort que les spectateurs des films d’animation japonaise sont des enfants, il sera aisé d’obtenir une place dans l’une des 200 salles couvrant l’événement.

L’expérience de l’incontournable firme nippone Sunrise a bénéficié à cette version 4k. Projet entièrement supervisé par le mangaka de génie, des milliers de pistes audio originales ont été remixées avec une justesse époustouflante. La compression Dolby TrueHD a débarrassé la piste audio de tout bruit, offrant un rendu clair et d’une grande ampleur. Les motos, tirs de lasers, pistolets, explosions et cris de rage emplissent nos oreilles, offrant enfin un rendu digne à ce chef d’œuvre de l’animation.

Dans la version précédente, éditée pour le 25ème anniversaire, la surexposition n’avait fait qu’écraser la noirceur de la ville et ternir les couleurs. Otomo Katsuhiro désavouera ce choix dans plusieurs interviews et s’investira corps et âme afin de rendre justice à sa création dans cette remasterisation 4k.

Dès les premières secondes, l’image se révèle plus nette et détaillée. La vibrance des couleurs apporte à chaque décor une profondeur immense. Le regard s’accroche partout, ne voulant pas en perdre une miette. Si quelques rares arrières plans ont conservé le grain flou de l’original c’est uniquement par soucis de ne pas l’altérer, de ne pas recréer le dessin mais juste de l’améliorer. Les celluloïds aux contours plus précis s’enchaînent, exacerbant l’action omniprésente.

Revoir Akira en 2020, c’est aussi recevoir un uppercut dans l’estomac. A travers un contexte ressemblant à la fiction à bien des égards, il est difficile de ne pas s’interroger sur notre futur. Dans le Tokyo de Otomo la misère sociale s’accentue prenant toujours plus aux pauvres pour donner aux riches. La ville est saturée de pollution, l’eau infestée de rats morts. Les néons éclairant les destins brisés de milliers d’êtres humains, n’ayant pas de solution autre que la violence ou la soumission. Dans leur gang, Tetsuo et Kaneda se recréent la famille, qu’orphelins ils n’ont jamais eu ainsi que des lois et codes qui ne les concernent qu’eux. Même l’amour évident qui lie Kaori à Tetsuo ne suffira pas à l’empêcher d’atteindre son paradigme obsessionnel.

C’est alors les mots de Kiyoko résonnent d’une étrange manière après cette année cataclysmique : le pouvoir d’Akira est en chacun de nous. Aussi immense que destructeur, il nous poussera vers l’abîme ou vers l’espoir d’un monde meilleur. Car, nous sommes Tetsuo et nous sommes Kaneda.


« Revoir Akira en 2020, c’est aussi recevoir un uppercut dans l’estomac. »


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