A Bigger Splash (Critique | 2016) réalisé par Luca Guadagnino

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Synopsis : “Lorsque la légende du rock Marianne Lane part sur l’île méditerranéenne de Pantelleria avec Paul, son compagnon, c’est pour se reposer. Mais quand Harry, un producteur de musique iconoclaste avec qui Marianne a eu autrefois une liaison, débarque avec sa fille Pénélope, la situation se complique. Le passé qui ressurgit et beaucoup de sentiments différents vont faire voler la quiétude des vacances en éclats. Personne n’échappera à ces vacances très rock’n’roll…”

A Bigger Splash est une sorte de remake du film culte La Piscine. Réalisé par Luca Guadagnino, pas forcément très connu chez nous, le casting est cinq étoiles. Matthias Schoenaerts, Tilda Swinton, Ralph Fiennes et Dakota Johnson sont à la tête de ce film Italo-Français. Sur une bande originale orientée rock, le film séduit dans sa bande-annonce, mais quand est-il du matériau final ?

La Sicile, ses paysages, une villa, une piscine et un couple. C’est sur ces belles images que le film A Bigger Splash commence. Paul et Marianne sont en couple, ils sont en vacances, se baladent nues dans leur maison et passe du bon temps. Harry Hawkes vient alors perturber cette idylle. Ce qui fait directement la puissance de ce premier acte ce sont les relations entre les personnages. Harry est un producteur drogué, surexcité, ultra caractérisé, amoureux de Marianne. C’est aux retrouvailles de ces trois personnages qu’on apprend à découvrir au fil de discussions sur leurs passés et de flash-back plutôt intelligemment utilisés, s’ajoute un quatrième élément. Peneloppe, la fille d’Harry.

Personnage difficile à cerner, allumeuse capricieuse, on comprend mal sa relation avec son père. Les relations des personnages sont intéressantes, c’est ce qui donne de la profondeur au film, la grande partie de l’intrigue pour ne pas dire la totalité repose là dessus. Les acteurs interprétants ces personnages sont tous les quatre exceptionnels à l’exception peut être d’Harry qui en fait trop par moment. C’est par les personnages que le film entier se dessine, on se fiche de l’intrigue inexistante, c’est les actions minimes des personnages qui nous captivent. Le personnage de Tilda Swinton est muet une partie du film, ce qui rend la communication entre les personnages plus compliqué, mais aussi plus authentique, on comprend plus facilement les liens qui les unissent et les relations en sont plus fortes et plus dramatiques.

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Outre le fait que les personnages soient très bien écrit, on peut aussi parler d’une réalisation très stylisée, moderne, limite expressionniste. Des couleurs chaleureuses de la Sicile et ses bâtiments, Luca Guadagnino en ressort le meilleur. Un tout très esthétique habite le long métrage, aux allures de photographie parfois. Des plans peu dynamiques rendent le tout difficile à suivre, on est parfois troublé tant certains plans sont en désaccord avec le reste du film. Si la chaleur des lieux, les couleurs magnifiques des paysages font penser à une utopie, le sou texte des migrants qui intervient régulièrement dans le film critique ce mode de vie occidental. Les problèmes minimes de cette bande d’amis sont plus importants qu’une dizaine de migrants morts noyés. Les quatre amis sont dans le jardin d’Éden et refuse d’en sortir.

Si d’un point de vue technique et esthétique on a le droit à un bon film, le bas blesse au niveau de scénario. Une histoire qui part dans tous les sens sans pour autant avoir de raison valable. Des personnages bien développés, mais aux actions pas toujours crédibles, et surtout un manque de rythme conséquent faisant passer le spectateur à ce demander constamment comment durant la dernière partie du film quand est-ce que ça s’arrête. C’est la fin qui handicape encore ce scénario. Une fin sans queue ni tête, portée par la réaction inattendue et incompréhensible d’un des personnages. Bref une problématique assez dérangeante à ce niveau-là. Un des points forts du film est sa bande originale. Indispensable au vu du thème traité, une maison d’ex-rockstar sans bonnes chansons c’est impossible. Beaucoup de Stones au menu et personnellement ça m’a beaucoup plu. Les scènes accompagnées de musiques sont les plus fun, entraînantes et bien menées, apportant du punch au long-métrage malheureusement un peu mou par moment.


En Conclusion :

A Bigger Splash est un film moyen. Un remake du film de 1969, réalisé par Jacques Deray avec Alain Delon et Romy Schneider, il faut le rappeler, mais un remake qui a ses propres qualités et ses défauts. Une bande originale rock mène le tout et dynamise un film au récit et au fond aussi creux que celui de la piscine. Un long-métrage à la réalisation stylisée et intéressant dans son travail de l’image. A la fois chatoyant et extrêmement sensuel dans son rapport aux corps. Un beau travail graphique, esthétique et technique au détriment du fond et de l’histoire, malgré des personnages bien traités et intéressants. Qui sait, l’inverse aurait peut-être été pire…

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