7. Koğuştaki Mucize, la guimauve qui en fait trop


Synopsis : « Une histoire d’amour entre un père malade mental accusé à tort de meurtre et sa charmante fille de six ans. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

C’est le film du confinement… la pépite turque qu’il faut avoir vu sur Netflix… le film dont tout le monde parle en ce moment, adapté d’un film coréen datant de 2013, Miracle dans la cellule n°7. En cette période si particulière, les plateformes de SVOD deviennent une valeur refuge et en attendant Disney+. Netflix par le truchement de ses algorithmes proposent des films venus de tous les coins de la planète et aussi du fond du catalogue.

En un week-end, 7. Koğuştaki Mucize est devenu un petit film miracle porté par un acteur charismatique, véritable star dans son pays, Aras Bulut Iynemli et la jeune Nisa Sofiya Aksongur. Histoire d’un berger déficient mental, Memo, père de la petite Ova, qu’il adore, est accusé à tort du meurtre du camarade de classe de sa fille. Destiné à la potence, Memo est pourtant innocent… mais ça le chef turc, père de la petite fille morte, ne veut pas en entendre parler. Pas besoin d’en dire plus, Memo, le père déficient va se retrouver en prison où finalement il sera accepté même si la mort est omniprésente.

Il faut reconnaître au réalisateur Mehmet Ada Öztekin, un certain talent pour filmer ses personnages. Les mouvements de caméra sont fluides, la beauté des paysages est magnifiée par le travail de Torben Forsberg, le directeur de la photographie. Ce dernier a notamment travaillé sur The Danish girl de Tom Hopper en créant une image léchée et particulière. Pour ce film turc, il reprend les mêmes principes : une alternance de couleur chaleureuses lors des moments de félicité et des bleus mélancoliques pour la partie en cellule. La nature a une importance nécessaire car par moment, elle figure certaines histoire cachées. Elles prennent la forme de symboles tel cet arbre dont les couleurs n’apparaissent que lorsque l’on comprend le secret caché. Des passages oniriques et surprenant magnifiés donc par Torben Forsberg, le directeur de la photographie.

Le réalisateur réussit aussi à s’entourer d’un casting de gueules de cinéma, notamment tous les codétenus de Memo, des durs au cœur tendre finalement… et c’est là que le bât blesse. Mehmet Ada Öztekin aligne tous les poncifs du drame larmoyant pour que le spectateur se trouve pris au piège d’une seule chose : les larmes forcées. Tout concourt dans ce film pour arriver à ce résultat pathétique : pousser le spectateur à verser sa larme. Les règles sont simples : les grands violons, la partition est signée Hasan Özsüt qui a dirigé l’orchestre philharmonique de Prague. Mais aussi les belles images, les ralentis un peu trop appuyés au point que cela en devient risible… et surtout un scénario prévisible de bout en bout.

Si parfois, pouvoir prévoir l’histoire a du bon car elle place le spectateur dans un cocon de douceur, ici, cela devient risible parce que les personnages sont trop schématiques. Le méchant restera le grand méchant, le directeur de la prison a un bon fond, le chef des prisonniers fera tout pour le gentil déficient et la maîtresse d’école sera la seule à croire que le père de la jeune Ova est victime d’une erreur judiciaire. En ajoutant les violons trop appuyés, la voix de soprano qui abuse de l’opéra alors que ce ne devrait pas être nécessaire, le film devient aussi intéressant qu’un téléfilm de milieu de journée à la télévision.

Avancer cela n’est pas faire preuve de méchanceté, mais il faut le reconnaître 7. Koğuştaki Mucize ne dépasse jamais le statut d’un simple téléfilm alors qu’il aurait pu devenir un mélodrame passionnant et émouvant. Et si ce statut n’est jamais atteint, c’est notamment à cause de l’interprétation exagérée de son acteur principal. Bien que star dans son pays, Aras Bulut Iynemli surjoue sans cesse ce rôle de déficient. À force de trop en faire, l’acteur principal perd le spectateur et le récit pourtant fluide est parasité par cette prestation malheureusement trop appuyée. Alors certes, le final vous tirera quelques larmes car il ne laisse pas insensible mais ces 2h12 sont trop souvent risibles. Il est parfois surprenant de voir comment un film arrive à se frayer le chemin du succès… les grosses comédies françaises qui tachent ou encore blockbusters sans cerveau ni scénario, on a déjà connus ces surprises mais là, ce drame turc aura pris de court tout le monde… alors le confinement sans doute, l’envie d’un film léger ou les belles images qui magnifient ce petit coin de Turquie… parfois les choix des spectateurs sont aussi mystérieux que les algorithmes des plateformes !


« Il faut le reconnaître 7. Koğuştaki Mucize ne dépasse jamais le statut d’un simple téléfilm alors qu’il aurait pu devenir un mélodrame passionnant et émouvant. »


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