47 Meters Down : Uncaged, Sophie Nélisse plonge dans le grand bain… aux requins

Synopsis : « Un groupe de filles décide d’aller nager près de ruines sous-marines au large des côtes brésiliennes. Elle vont vite se rendre compte qu’elles ne sont pas seules sous les mers… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Deux ans après la sortie du film 47 Meters Down, le prolifique Johannes Roberts plonge une nouvelle fois dans les eaux troubles du cinéma d’horreur aquatique. Auréolé d’un fort succès à sa sortie avec pas moins de 62.6 millions de dollars de recettes pour un budget estimé à 5.3 millions, le cinéaste ne pouvait laisser de côté cette belle poule aux œufs d’or. Pour rappel, il est celui a qui l’on doit la suite de l’autre film à succès The Strangers, intitulé The Strangers : Prey at Night et paru l’année passée. Une bien belle purge que l’on vous invite à ne surtout pas regarder. Difficile dans ce cas d’être confiant face à l’arrivée d’un certain 47 Meters Down : Uncaged. Néanmoins, derrière ses nombreuses facilités et incohérences, autant scénaristiques que de mise en scène, le premier opus était un film de survie en eaux hostiles de bon acabit. Un suspense bien géré et surtout une immersion joliment travaillée grâce au concept même du film : être coincé avec de moins en moins d’oxygène à 47 mètres sous l’eau. Concept simple, mais très efficace. À l’heure où les films de requins sont de moins en moins ont perdus en popularité face à un cinéma d’épouvante majoritairement édulcoré et porté sur les fantômes et autres esprits tordus, difficile de ne pas avoir envie de plonger en pleine mer le temps de la découverte de ce nouveau survival.

Co écrit par Ernest Riera et Johannes Roberts lui-même, 47 Meters Down : Uncaged suit un groupe de quatre adolescentes qui décident d’aller explorer la première galerie des ruines d’une cité antique submergée récemment découverte, entre autres, par le père de l’une d’entre elles. Avec son introduction à la sortie d’un collège privée, puis jusqu’au premier plongeon vers la cité submergée, les scénaristes décident de prendre leur temps afin de travailler le background des quatre adolescentes. Contrairement au premier film qui allait directement à l’essentiel, ce qui n’était pas un mal. Vouloir caractériser le personnage principal, dans le but de créer un attachement émotionnel entre le spectateur et celle qui va se retrouver devenir la proie d’une créature redoutable est une bonne chose. C’est ce qui va permettre de garantir une certaine immersion et un attachement émotionnel de la part du spectateur. Malheureusement, on ne peut pas dire que le scénario permettre de prendre les personnages (pour ne pas dire le film dans sa globalité) au sérieux. Les caractérisations sont rudimentaires et l’affect entre les personnages repose sur une opposition qui va inévitablement se transformer en un amour véritable face à une mort atroce et douloureuse.

Un scénario pas intéressant sur ce point, beaucoup trop simple et conventionnel, mais un personnage principal sauvé par l’interprétation de la jeune Québécoise Sophie Nélisse. Déjà remarquée dans les très beaux La Voleuse de Livre, La Fabuleuse Gilly Hopkins, ainsi que Et au pire, on se mariera, Sophie Nélisse réussie par un charisme naturel à rendre son personnage un minimum attachant. Elle n’est pas aidée par l’écriture, mais réussie à en sortir quelque chose avec un anglais impeccable. Là où Corinne Foxx (fille de Jamie Foxx) et Sistine Rose Stallone (fille de Sylvester Stallone), délivrent des performances qui sans être risibles, ne marquent aucunement ou ne permettent de créer un attachement émotionnel entre leurs personnages et le spectateur. Slasher movie aquatique, si son scénario ne brille pas par le prisme de l’écriture des personnages, il a néanmoins tendance à surprendre grâce à son idée de concept premier : la cité en ruine sous-marine. Une simple idée de décor, qui, même si pas suffisamment développer visuellement permet de mettre en place des situations impossibles dans un lieu naturel sous-marin. Des couloirs étroits, des galeries plus grandes avec son lot de sculptures étranges et des éboulements qui en font un réel labyrinthe envahi par l’eau et un requin énervé que l’homme envahisse son royaume.

Johannes Roberts prend un malin plaisir à jouer avec ce labyrinthe, piégeant ses personnages dans des situations où le stress va être proportionnel au degré de noirceur des lieux. Des lieux fermés, étroits et donc extrêmement sombres. C’est stressant et angoissant naturellement, il suffit d’une lampe et d’une ombre en arrière-plan pour développer ce sentiment de stress. Une belle idée de concept qui fondamentalement, fait 75% du travail. Si la mise en scène (aussi fonctionnelle soit-elle), fait le travail escompté, on regrettera un scénario qui une fois de plus, se contente du minimum syndical. Des situations téléphonées, des facilités scénaristiques à n’en plus finir (parce que pourquoi se casser le cul à vouloir faire un film cohérent) qui vont permettre au scénario de se mouler suivant les besoins de rythme pour ne pas lasser le spectateur, et surtout une sous-utilisation de la non-présence d’oxygène. Un réel problème scénaristique et de mise en scène, qui occulte littéralement ce sentiment de danger de mort par le manque d’oxygène. Et ce, alors que dès l’entrée dans la cité, un des personnages explique qu’il y a dans cette même cité de petites poches d’oxygène qui permettent d’en prendre une bouffée avant de plonger à nouveau. Un véritable manque qui plombe l’immersion sous-marine et le sentiment claustro-phobique ressenti par le spectateur. Sentiment présent notamment lors de la première partie du film, mais qui s’estompe au fur et à mesure où le film avance, s’enfonçant dans de la série b davantage portée sur le spectaculaire, plus que sur l’ambiance même. Ce qui demeure divertissant, mais moins efficace et marquant.

Il a le titre d’un direct to video, il en a la saveur, mais il n’en est pas un (en tout cas sur le continent Américain). Si sur le papier le projet 47 Meters Down : Uncaged n’avait rien d’engageant, il n’est finalement pas l’immondice tant crainte. Si l’on continu à se demander comment la jeune et talentueuse actrice québécoise Sophie Nélisse c’est retrouvé dans ce labyrinthe submergé (le tournage semble quand même avoir été une grande expérience avec des journées entières sous l’eau avec seulement des pauses à l’air libre toutes les deux heures), 47 Meters Down : Uncaged ne va pas lui coûter préjudice. Si l’on regrette un final qui mise trop sur le spectaculaire, il demeure majoritairement un survival angoissant qui joue astucieusement avec son concept principal de décor. Celui que l’on catégorise à juste titre de The Descent sous-marin, possède son lot de séquences suffisamment stressantes pour permettre aux amateurs du genre de passer un bon moment. On notera une cinématographie sous-marine de qualité même si limitée à cause de l’étroitesse des décors (on reprochera un ratio d’image qui aurait mérité d’être plus grand, du 1.85 aurait été parfait vu les décors).

«  Rien de révolutionnaire, rien de mémorable, mais un petit encas qui ravira les amateurs de survival et de films de requins en attendant un successeur plus ambitieux et créatif. »


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