1BR, vous ne ferez plus de visites d’appartements de la même manière [Fantasia 2019]

Synopsis : « After leaving behind a painful past to follow her dreams, Sarah (Nicole Brydon Bloom) scores the perfect Hollywood apartment. However, something is not right. Unable to sleep, tormented by strange noises, and threatening notes, her new life quickly starts to unravel. By the time she learns the horrifying truth, it’s too late. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…
Film vu dans le cadre du Fantasia Festival International de Film 2019, élément à prendre en compte, car il est le festival avec l’ambiance la plus indescriptible.

Le Fantasia Festival International de Film est un festival peu commun. De par son ambiance, mais également sa programmation éclectique. On y retrouve absolument tout et n’importe quoi, et si les mauvaises surprises excitent, elles ne sont que subsister face à une majorité de découvertes. Découvertes qui ne sont du même calibre, mais toujours intéressantes chacune à leur manière. Si la précédente édition était l’occasion de découvrir Hurt, slasher movie de chez Blumhouse qui n’a toujours pas trouvé le chemin des salles obscures, cette année semble être celle de 1BR. Ce dernier n’est pas une production ou co-production Blumhouse, mais ce 1BR propose une expérience que n’aurait certainement pas reniés Jason Blum et son équipe. Premier long-métrage écrit et réalisé par David Marmor après avoir fait ses armes sur du court-métrage, 1BR n’est pas un slasher movie conventionnel. Il est un thriller qui emprunte aux récentes productions Blumhouse cette envie de se servir de maux qui rongent notre société afin de créer une histoire qui va emprunter autant au drame qu’à l’horreur.

1BR conte l’histoire de Sarah, jeune femme qui après de longues recherches trouve enfin l’appartement de ses rêves afin de débuter une nouvelle vie. Malheureusement, elle va vite découvrir que cet appartement n’est pas aussi rêvé qu’elle l’imaginait. Tel que son titre le laisse supposer en toute logique, la majorité de l’action du film se déroule dans un appartement. Il n’est pas question de huis clos, mais bel et bien de la création d’un espace communautaire qui va englober ce même appartement. Tel que la licence The Purge pouvait le faire à sa manière, 1BR est un thriller social qui va prendre un malin plaisir à grossir les traits de notre société afin de divertir tout en faisant comprendre que nous devenons petit à petit, ce que nous voyons à l’image. Devenir prisonnier de notre réalité, prisonnier de notre société, qui pour paraître belle et utopique se doit de suivre des règles. A partir de cette belle phrase terrifiante, car concrète et réelle, David Marmor développe un panel de personnages secondaires qui vont permettre le développement de cette satire aussi divertissante que terrifiante.

Si l’histoire est somme toute assez simple, à l’image de ce qui fait la force d’un court-métrage, le cinéaste va prendre son concept à bras le corps et l’explorer de fond en comble afin d’aller au bout de ses idées. Et ce, sans jamais réellement embrasser un genre horrifique en particulier. David Marmor signe une mise en scène qui va piocher à droite et à gauche des idées déjà vues et exploités dans le cinéma de genre. Violence physique, psychologique, ambiance, jump-scare… 1BR est un melting pot d’idées, mais exploitées à bon escient. 1BR est un film d’ambiance, un film qui cherche à jouer avec le spectateur grâce à des retournement de situation et grâce à l’exploitation approfondi du point de vu du personnage principal. David Marmor joue sur ce lien humain et émotionnel qu’il créé puis développe entre le spectateur et Sarah interprétée par la jeune actrice Nicole Brydon Bloom. C’est extrêmement malin, permettant de conserver l’attention du spectateur, tout en le questionnant perpétuellement sur ce qu’il est en train de voir. Ferions-nous la même chose ? A-t-elle raison de faire ce choix ? Questionner le spectateur sur lui-même, mais également sur les personnages qu’il voit évoluer face à lui. Sont-ils heureux ? Derrière son concept de thriller horrifique qui cherche à créer des situations de stresse et d’angoisse tant pour le protagoniste que le spectateur, se cache un questionnement social et humain intéressant et bien exploité. Un scénario bien écrit malgré des personnages majoritairement caricaturaux et une fin malheureusement prévisible qui gâche tout un développement qui aurait laissé présagée un climax original et créatif.

Un scénario bien écrit, assez malin même s’il se prend les pieds dans le tapis du conventionnalisme lors du dernier acte, un scénario finalement à l’image du film dans son entièreté. S’il réussi joliment tout ce qu’il entreprend, 1BR est un film qui ne surprend aucunement. Sa mise en scène est très efficace, sa réalisation l’est tout autant et sa direction de la photographie plutôt de qualité. Néanmoins est-ce que certaines idées marquent l’esprit ? Malheureusement non. Ça fonctionne superbement et le spectateur est embarqué avec aisance dans ce thriller haletant très bien mené, mais le cinéaste ne transforme fondamentalement jamais l’essai. Il manque cette idée créative, originale et mordante qui aurait permis au film de laisser sa trace. Un film très bien produit… trop bien produit. C’est trop propre et il lui manque ce petit quelque chose authentique et personnel qui aurait inculquée à l’oeuvre une once d’identité. Bien interprété, techniquement au point, bien écrit, monté et mixé (mixage sonore vraiment bon), mais il en vient à être tellement maîtrisé qu’il en perd toutes impureté qui aurait rendue l’expérience encore plus forte, plus mémorable et anxiogène. L’exemple même que faire un bon film est une chose, mais faire un film qui possède cette petite chose authentique et créative qui permette de marquer les esprits en est une autre.


« Un scénario astucieux qui développe un film d’horreur aux multiples effets (ambiance, violence physique, jump-scare…), sans jamais sombrer dans le grotesque. Oppressant, malaisant, tout en restant fondamentalement très humain. »


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *