120 Battements par Minute réalisé par Robin Campillo [Critique | Cannes 2017]

Synopsis : “Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale.
Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean. “


Du 17 au 27 mai 2017, nous sommes au 70e Festival de Cannes. Entre coups de cœur et coups de gueule, émerveillements et maux de tête, retrouvez nos avis sur les films vus durant ce festival pas comme les autres. Des avis courts, mais pas trop et écrits à chaud, afin de vous offrir un premier avis sur les films qui feront, ou non, prochainement l’actualité.
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Troisième long métrage réalisé par Robin Campillo (Les Revenants en 2004 puis Eastern Boys en 2013), 120 Battements par Minute plonge le spectateur auprès de militants d’Act Up-Paris. Avec ce nouveau long métrage, le metteur en scène français affiche la volonté de mettre en avant la détermination de ses militants. Mettre en image et sur le devant de la scène un propos et la radicalité de ce groupe d’activistes qui ne réussissent à se faire entendre. Entre actions radicales ayant pour but de faire parler d’eux et des problèmes qui les touche de plein fouet, et réunions en amphithéâtre, le film intéresse dans sa première partie. Optant pour un point de vue général, avec la mise en avant du groupe et non d’individualités, le scénario ne sombre pas dans les facilités du genre. La cohésion de groupe est forte et l’alternance entre actions et réunions renforce l’intégration du spectateur au sein de ce groupe. Même si les séquences sont longues et s’éternisent inutilement pour certaines, le montage dynamique et les dialogues à la bonne répartie, cette première partie captive. Une scène de réunion montée en alternance avec une action de tout type permet à la fois au film d’être entrainant et d’enrichir son propos. Ce qu’il va complètement occulter et oublier dans sa seconde partie.

S’il commence à 120, le rythme cardiaque du film termine sous les 60 battements par minute…

D’un groupe, l’on passe à des individualités, à un couple se formant pour être précis. Les autres membres du groupe survivent, mais se retrouvent au second plan derrière cette romance à l’intérêt quelconque. Et ce, même si belle et joliment mise en scène. Le passage du groupe à l’individu est fluide, mais le film en vient à perdre en force militante. D’un propos fort, car fait d’actions cherchant à faire avancer les choses les choses, le long métrage sombre dans une bleuâtre faite de stéréotypes et scènes inutilement choquantes. Le film devient illustratif, les plans et paroles racontent la même chose occultant toute complémentarité entre les deux. Entre scènes de rapports sexuels et longs plans en hôpital ou sur les séquelles liées aux maladies, 120 Battements par Minute devient inutilement grandiloquent alors qu’il aurait pu être bien plus subtile, tout en conservant cette volonté d’interpeller, de heurter le spectateur. Oui, l’intérêt est bien d’interloquer et de montrer les ravages de ces maladies, mais les manières de faire sont multiples. Celle choisie par Robin Campillo est bien trop caricaturale et repose sur trop de clichés déjà exploites au cinéma (et souvent avec plus de subtilité, notamment dans le cinéma anglais) pour fonctionner.

Même si ponctué de belles intentions et de fulgurances, tant dans sa mise en scène que dans sa réalisation (quelques superbes cadres et placements d’acteurs, fortement significatifs), 120 Battements par Minute peine à convaincre. D’une première partie hautement intéressante, car portée sur l’activisme pur et la cohésion de groupe, on sombre dans le stéréotype du genre, dans une romance hautement clichée et caricaturale. Le casting, même si constitué de jeunes acteurs convaincants et charismatiques, ne peut sauver le film et son propos premier qui n’en reste pas moins nécessaire à faire entendre.

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